Réflexion #4 – Qui es-tu, Martin Scorsese ?

Martin Scorsese est actuellement honoré par le cinéma français, avec une exposition à la Cinémathèque. Aussi me voyais-je obligé de parler un peu d’un mythe vivant, l’un des plus grands réalisateurs de tout les temps.
Tout le monde connaît et/ou a vu un Martin Scorsese, l’homme qui possède dans sa filmographie Taxi Driver, Raging Bull, Les Affranchis, Casino, Les Infiltrés ou plus récemment Le Loup de Wall Street (et oui, je sais qu’il n’y a pas ici tout les excellents films de Scorsese, mais si on commence comme ça, on en a pour des jours, tant sa filmographie est importante). Il est l’un des réalisateurs les plus appréciés du public, qui lui rend bien en allant massivement voir ces films (il tourne à une moyenne de plus d’un million de spectateurs français par film). C’est aussi un homme qui a soulevé des controverses : positives, comme lorsque les spectateurs se sont indignés de ne le voir être récompensé de l’Oscar du meilleur réalisateur qu’à sa sixième nomination, en 2006 pour Les Infiltrés, ce qui restera comme l’une des plus grandes polémiques de l’Academy. Des controverses négatives aussi : inutile de rappeler à ceux qui ont plus de 30 ans l’attentat du cinéma Saint-Michel, une triste nuit d’octobre 1988 où des intégristes catholiques ont incendié un cinéma pour protester contre la diffusion de La Dernière Tentation du Christ (je reviendrais à ce film plus tard), qui se finit avec 14 blessés dont 4 graves (c’était la parenthèse historique).
Mais Scorsese, c’est avant tout un passionné. Gamin, dans les années 40, ils passaient ces temps libres à écumer les cinémas new-yorkais, découvrant une passion pour le septième art. Après avoir, mené par une fois profonde, entamé un séminaire, dont il se fera renvoyé un an après avoir été ordonné prêtre (et toc, prenez ça les complotistes religieux ; non, Scorsese n’est pas juif, et il a toujours honoré sa religion), il fait des études de cinéma et sort de la Tisch School (qui a vu aussi sortir Joel Coen, Woody Allen ou encore Oliver Stone, pour ne citer qu’eux) avec une maîtrise en 1966.
Plutôt que de faire une biographie chronologique de Scorsese, parlons de ce qui caractérise ces films. Tout d’abord, il nous faut parler de sa notion de fidélité, lui qui est régulièrement associé à Robert De Niro (8 films, plus Malavita, avec Robert dans le casting et Martin à la production) et à Leonardo DiCaprio (5 films). Mais on oublie de parler d’Harvey Keitel (5 films) ou de Joe Pesci (3 films). La force de Scorsese réside également dans le fait de s’entourer de la même équipe technique pour ses films : Robert Richardson à la photographie, Sandy Powell aux costumes, et bien évidemment Thelma Schoonmaker au montage… On retrouve aussi de nombreux détails techniques : la présence de la religion, mais aussi la présence importante du rouge (couleur favorite du bonhomme, comme vous pouvez le voir avec The Big Shave). Enfin, on remarque son goût prononcé, dans la deuxième partie de sa carrière, pour l’adaptation de livres (La Dernière Tentation du Christ, Shutter Island, Le Loup de Wall Street, …). Scorsese est un cinéaste obsédé par le sens du détail, comme le démontre cette anecdote concernant Aviator : l’une des robes de Cate Blanchett a été retravaillé image par image en post-production, ce qui a causé une augmentation du budget et près de trois semaines de travail, car la teinte de vert de la robe ne plaisait pas assez à Scorsese. Dans l’exposition de la Cinémathèque, on remarque la présence de nombreux croquis du réalisateur ; en effet celui-ci conservait tout. Obsédé, oui, mais par le détail, qualité des grands réalisateurs.
Alors certes, Martin est connu pour ses films de gangsters : Les Affranchis, Mean Streets ou Casino. Mais ce qu’il y a de très intéressant dans la première partie de carrière de Scorsese (aussi connue sous le nom de « période De Niro », en opposition avec la « période DiCaprio »), c’est la recherche constante de nouveautés dans le travail, en témoigne le choix osé du noir et blanc Raging Bull (et même si je n’ai pas aimé ce film, on peut dire que le travail est relativement bien fait), ou encore la réalisation de Taxi Driver, drame psychologique évoquant les troubles rencontrés par les anciens combattants du Viet-Nam, seulement un an après la fin du conflit (les Américains n’avaient pas du tout envie d’entendre parler de Viet-Nam en 1976), choix qui sera d’ailleurs récompensé par une Palme d’Or Cette constance dans le travail de Scorsese rend sa filmographie excessivement qualitative et fait vraiment de lui l’un des plus grands réalisateurs de l’histoire. Mais Scorsese, c’est plus que 23 longs-métrages (plus 2 en post-production). C’est aussi 8 courts et moyens métrages, 9 documentaires (dont plusieurs sur la musique rock, preuve de l’intérêt de Scorsese pour la musique), de nombreux caméos, de la production, de la scénarisation… et même le clip Bad de Michael Jackson (avec Michael Jordan pour la petite anecdote). Et le plus symbolique dans cette « autre filmographie », c’est Italianamerican, un moyen-métrage de 48 minutes sur… ces parents. Car Scorsese est très attaché à ses racines.
Enfin je parlerais du controversé La Dernière Tentation du Christ. Il divise nombre de fans scorcesiens, et chaque cinéphile possède un avis propre sur ce film. Malgré le fait que je sois croyant, je n’y ai vu aucune offense véritable à la religion ; Scorsese propose là une compréhension originale de la Bible, et fait réfléchir quand au parcours du Christ ; ainsi, il réalise ce que tout cinéaste doit faire : faire réfléchir son public. Le film est correct, et j’avoue que je trouve excessif la réaction de nombreux de croyants envers ce film (surtout que, je le répète, Scorsese est un fervent croyant et ne veut absolument pas critiqué la religion).
Alors, qui es-tu, Martin Scorsese ? A mon sens, tu représentes ce que le cinéma aime ; un homme dévoué à son art, qui possède une obsession du détail très marqué. Avec ton propre style, tu arrives à nous faire réfléchir sur l’Homme à chacune de tes oeuvres, tout en sachant te réinventer à chaque fois, en témoigne la richesse de ta filmographie. Alors, de mon modeste avis, tu es l’un des meilleurs réalisateurs de l’Histoire. Et on se doit de te rendre hommage, tant tu nous permets de promouvoir ce septième art que nous aimons tant et le propsulser vers la perfection. Et pour cela, et le cinéma français te le dit aussi au travers de cette exposition : Merci Martin.

 

Je n’ai malheureusement vu qu’une partie de la filmgraphie de Martin : seulement 16 longs-métrages sur 23. Hormis Hugo Cabret, que je déteste profondément (l’erreur est humaine), Casino et Raging Bull, devant lesquels je me suis ennuyé, j’ai adoré tout les Scorsese. J’en profite donc pour vous donner un petit top 5 personnel sur ses films :
5- Shutter Island
4- Aviator
3- Les Infiltrés
2- Le Loup de Wall Street
1- Taxi Driver
Pour conclure, je tiens à rappeler que l’exposition à la Cinémathèque française reste ouverte jusqu’au 14 février. Je n’aurais malheureusement pas la chance de pouvoir y aller, mais si vous passez par Paris, précipitez-vous, car vous aurez le droit à une immersion totale dans l’univers du réalisateur, afin de le découvrir et de le redécouvrir. Enfin, ARTE réalise actuellement un cycle Scorsese, avec la diffusion de ces films : Les Affranchis et le documentaire Un Voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain hier, Le Temps de l’Innocence ce soir et New York, New York mercredi (entre autres bien entendu). Je vous conseille donc vivement de programmer vos prochaines soirées télés sur la 7.

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