Tu ne tueras point

Tu ne tueras point, film de guerre australo-américain de 2016, réalisé par Mel Gibson, avec Andrew Garfield, Teresa Palmer et Vince Vaughn 

 

Quand la Seconde Guerre mondiale a éclaté, Desmond, un jeune américain, s’est retrouvé confronté à un dilemme : comme n’importe lequel de ses compatriotes, il voulait servir son pays, mais la violence était incompatible avec ses croyances et ses principes moraux. Il s’opposait ne serait-ce qu’à tenir une arme et refusait d’autant plus de tuer.

Hacksaw Ridge signe le retour des affaires pour Mel Gibson à la réalisation, 10 ans après Apocalypto. Considéré comme un paria à Hollywood, son nouveau film signe-t-il sa résurrection ? Verdict maintenant !

 

Les premières minutes :

Le réalisateur nous plonge tout de suite dans l’enfer de la Seconde Guerre mondiale. Nous suivons le parcours de Desmond Doss à travers le champ de bataille. Et l’on parvient presque à se sentir dans sa peau tellement le réalisateur a poussé le réalisme au maximum. Une entrée en matière plus que convaincante donc et qui nous met tout de suite dans le bain.

 

Le casting :

On retrouve ici une pléiade d’acteurs importants : Andrew Garfield, Teresa Palmer, Vince Vaughn, Sam Worthington, Hugo Weaving…

Le rôle principal est détenu par Andrew Garfield et le moins que l’on puisse dire est qu’il incarne Desmond Doss à la perfection. Il parvient très bien à saisir ce côte candide ou même niais du personnage. Il sait à certains moments rendre son personnage touchant et pathétique, et certaines scènes sont assez larmoyantes. Sa performance d’acteur est vraiment géniale et nul doute qu’avec sa présence dans le prochain Scorsese Silence, sa carrière va décoller.

Le reste du casting est également très bon et aucun ne dénote : Teresa Palmer joue une femme forte et aimante avec assurance ; Vince Vaughn et Sam Worthington campent des cadors de l’armée et leur performance reste appréciable ; mention spéciale pour Hugo Weaving qui incarne un personnage détestable au premier abord mais qui peut se montrer touchant à certains moments. Une performance très bonne pour un acteur à mon sens trop mésestimé.

 

La mise en scène :

Voilà le point fort de ce film. Mel Gibson a travaillé ici le réalisme des affrontements d’une manière inouïe. On a par exemple un travail très important sur le son, nous sommes assaillis de bruits qui nous font rentrer dans l’histoire et nous font partager le destin de ces soldats.

La mise en scène s’efforce par exemple de nous immerger dans l’action qui se déroule à l’écran : la caméra passe entre tous les protagonistes, révélant également par des plans de grue par exemple la teneur du combat qui attend les soldats.

Le montage est également très efficace, se calquant notamment dans la première partie sur celui du kubrickien Full Metal Jacket.

Le film, d’un réalisme implacable, est donc d’une merveille au niveau de la mise en scène et une leçon pour tout cinéaste.

 

L’histoire :

Rendant certainement un bel hommage à Full Metal Jacket, le film se découpe en deux parties : la première partie se concentre sur la vie de Desmond Doss, son enfance, ses croyances.. pour permettre l’identification du spectateur, et ainsi l’envoyer dans un camp d’entraînement militaire où ses croyances seront mises à rude épreuve. Là aussi, l’assimilation à Full Metal Jacket est évidente, de par le comportement des formateurs ainsi que le montage montrant l’entraînement des soldats ; la seconde partie se consacre à montrer le personnage en action sur le champ de bataille, refusant catégoriquement de tuer. La tension est permanente de par le réalisme de l’action, et l’on a peur pour ce personnage car on a justement appris à s’y attacher dans la première moitié du film. Le scénario est donc ultra-efficace et fonctionne à merveille. On retrouve le thème de la chrétienté, très présent dans la filmographie de Mel Gibson, ainsi que le thème de la guerre bien sûr. On peut voir également un rapprochement entre Gibson et Doss dans l’idée de violence innée, les deux ayant dû lutter contre leurs démons intérieurs (ce qu’a fait Doss en devenant objecteur de conscience et Gibson en se tournant vers la religion) et contre le poids d’un père violent. Le film forme donc une sorte de catharsis pour Gibson, un moyen de se laver de ses démons et de se repentir auprès du monde d’Hollywood. Très émouvant donc, comme le destin de ce personnage. Gibson nous gratifie en outre dans le générique de témoignages de personnes présentes dans le film, qui énoncent tout ce qu’on vient de visionner comme vrai.

On regrettera cependant à certains moments une trop forte héroïsation du personnage, rien de dommageable cela dit.

 

Et au final ?

Mel Gibson signe un retour en force dans le cercle hollywoodien avec ce film. Cette épopée émouvante d’un jeune homme prêt à tout pour conserver ses croyances quitte à se mettre en très grand danger, est une histoire admirable que Gibson a su porter à l’écran avec une efficacité incroyable. Le réalisme des combats immerge le spectateur comme rarement, et Andrew Garfield se charge d’une interprétation magistrale.  Hacksaw Ridge est l’un des meilleurs films de l’année, et probablement de la décennie. Ni plus, ni moins.

 

 

Note : 10/10

Note IMDb : 8,6/10

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