10 lettres à 10 réalisateurs – Wes Anderson

Pour célébrer la nouvelle année, Antoine nous donne toutes les semaines une lettre qu’il adresse à l’un de ses réalisateurs favoris, où il lui explique pourquoi il l’admire.

Et pour cette deuxième lettre, Antoine parle du fantasque Wes Anderson !

« Cher Wes,

Ce que j’aime chez vous, c’est votre univers. On aime ou on déteste, mais vous possédez un style qui vous êtes tellement propre, à tel point qu’il nous suffit d’une brève image pour vous reconnaître. Personnellement, je vous ai découvert… à l’envers. Avec The Grand Budapest Hotel. A mon premier visionnage, à peine m’étais-je remis de la claque que j’ai voulu mieux vous comprendre. Comprendre comment, au fil de votre vie et de vos films, vous aviez pu faire ça. Alors, j’ai vibré devant Moonrise Kingdom, je suis retourné à l’enfance avec Fantastic Mr. Fox, j’ai voyagé intérieurement avec A Bord du Darjeeling Limited. Plus j’avançais, et plus il me semblait vous comprendre, plus je croyais devenir un membre de la famille, de l’univers. Il me suffisait de remonter patiemment les strates de votre filmographie, de creuser dans votre art pour en percer toute la quintessence. Alors, la réflexion faite, j’y suis retourné, et j’ai vu La Vie Aquatique, La Famille Tenenbaum, et Rushmore, vos premiers pas avec celui qui deviendra plus tard (mais je le savais déjà) l’acteur qui vous représente, Bill Murray. J’ai même fait quelques extras, et j’ai poussé jusqu’à Bottle Rocket. Je suis remonté vraiment jusqu’au stade embryonnaire de votre chef d’oeuvre, avec la même vivacité, le même regard pétillant à votre regard. Et là, à cet instant, je savais que je faisais désormais partie de la famille Anderson. Car, quand on voit l’un de vos films, on a soudain l’impression d’être en famille. Entouré de vos acteurs fétiches, que vous appréhendez désormais parfaitement, et qui vous rendent encore et toujours aussi bien la pareille : Bill Murray évidemment, mais comment pourrais-je oublier Jason Schwartzman, les frères Wilson, Adrien Brody, Willem Dafoe, Edward Norton et tellement d’autres encore… Comment pourrais-je oublier également vos musiques, le rythme du Needle in the hay d’Elliott Smith dans les Tenenbaum, mais aussi et surtout Play With Fire des Stones en plein coeur du Darjeeling Limited, pour ce qui restera pour moi comme la meilleure citation musicale qu’il m’a été donné de voir. Pourquoi ? Parce que des acteurs fétiches, parce que les Stones, parce qu’un long travelling latéral et des mouvements de caméra caractéristiques, parce que des couleurs, parce que de la simplicité., parce que de la vie. Parce que c’est à cet instant-là, cher Wes, que j’ai vraiment eu l’impression que vous me murmuriez des mots doux et authentiques à l’oreille. C’était comme si dans la méditation de vos personnages, nous méditions tous les deux en cet instant, et uniquement tous les deux. Un instant de grâce, de cinéma qui s’offrait à moi tout seul, comme vous seul êtes capable de me les offrir.

Amicalement, »

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