10 lettres à 10 réalisateurs – Steve McQueen

Pour célébrer la nouvelle année, Antoine nous donne toutes les semaines une lettre qu’il adresse à l’un de ses réalisateurs favoris, où il lui explique pourquoi il l’admire.

Pour cette troisième rubrique, Antoine évoque sa passion pour le cinéma du réalisateur Steve McQueen !

 » Cher Steve,

Ce que j’aime chez vous, c’est votre humanité. En effet, dans l’ensemble de vos longs-métrages, on vibre par le côté humain de vos personnages. Au lieu d’en faire des surhommes soulevant des montagnes à la force d’un doigt, vous en faites des gens comme nous, des gens du quotidien, bouffés de l’intérieur par leurs forces et surtout leurs faiblesses. Et c’est tout ce que l’on attend d’un film dans les sujets aussi grave que sont la prison, l’addiction ou bien l’esclavage. Et il faut bien toute la simplicité et la puissance de votre mise en scène pour que le spectateur ressente l’entièreté de cette humanité. Simple, et non simpliste, cela résume parfaitement votre art. En montrant la réalité de vos actions sans y ajouter d’artifices, vous réussissez à captiver autant qu’à intriguer. Plus, votre style, typé cinéma d’auteur, permet à de nombreux jeunes cinéphiles comme moi qu’il existe une forme simple et organique de faire du cinéma. Et puis, cher Steve, il me faut également vous remercier de nous avoir donné celui qui, aux côtés d’Edward Norton ou de sa compagne Alicia Vikander, fait partie de mon panthéon cinéphile : Michael Fassbender. Car qui de mieux que lui, capable de tout jouer, de tant d’introspection, pour être ériger en symbole de votre septième art ? Si votre cinéma marche aussi bien sur moi, le fait que vous dirigiez Michael mieux que quiconque n’y est nécessairement pas étrangère. Enfin, si je devais vous résumer avec une seule petite scène, nul doute que je parlerais de cette scène dans Shame, où le personnage de Michael part justement faire un footing. Un long travelling latéral puissant, qui n’est pas sans rappeler celui de l’ouverture du Lauréat de Mike Nichols (une influence peut-être ?) et qui montre toute l’étendue de votre talent. Ca me rappelle d’ailleurs la drôle de réinterprétation de Blow Up sur cette scène, où il avait posé une version accoustique du Polly de Nirvana ; ça vous plairait, assurément. Mais bon, Bach, c’est tout aussi incroyable, tout aussi simple, tout aussi humain. Comme votre cinéma.

Amicalement, »

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