Lion

Lion, film américano-britannico-australien de 2017 réalisé par Garth Davis avec Dev Patel, Rooney Mara, Nicole Kidman, Sunny Pawar….

Nominé 6 fois aux Oscars dont meilleur film (mais n’en ayant remporté aucun), Lion avait semblé marquer les votants de l’Académie des Oscars et méritait donc une certaine attention. Le film suit l’histoire de Saroo, jeune indien aux malheureuses péripéties et qui va tenter, des années après celles-ci, de retrouver sa famille.

Le film est coupé en 2 : dans la première partie, on suit Saroo enfant, qui par un malheureux concours de circonstances se retrouve à des milliers de kilomètres de chez lui et est ensuite adopté par un couple d’australiens ; dans la seconde partie on le suit adulte, quand il part pour ses études et décide (sans que l’on ne sache réellement pourquoi) de se mettre à la recherche de sa mère et de sa vraie famille. Et déjà là, le bât blesse : alors que la première partie est excellente, montrant les environnements indiens et tout ce qu’ils peuvent avoir d’atroce (notamment, et cela revient plusieurs fois dans le film, le commerce d’enfants) ; la deuxième partie (même si elle reste très bonne) est beaucoup moins intéressante dans le sens qu’elle élude des questions essentielles que le personnage pourrait se poser (notamment sur la question de l’identité) et passe beaucoup trop vite sur pas mal de points. Pour exemple, la relation qu’entretient la famille avec son frère Mantosh est assez mal expliquée, elle semble compliquée mais on ne comprend jamais réellement pourquoi le personnage a autant d’animosité envers lui (et surtout ce qu’il lui reproche envers sa mère). Là où la première partie, d’une justesse et d’une émotion incroyables, savait poser ses enjeux et ses problèmes, la seconde reste beaucoup trop en surface et ne pose pas les bonnes questions (ou tout du moins les traite trop rapidement). Elle n’évite pas en outre quelques clichés (le personnage qui n’est plus que l’ombre de lui-même du fait de son obsession par exemple). Mais ne vous méprenez pas, même si je lui dénote quelques défauts, elle reste grandement appréciable. Il est juste regrettable qu’après une première partie aussi excellente, elle ne parvienne pas à se maintenir à ce niveau de justesse, montrant à quel point la vie en Inde est dure, notamment pour les enfants, et à quel point ils sont exposés à mille et un dangers.

Concernant le jeu des acteurs, ils sont tous impeccables dans leur rôle, et c’est peut-être le meilleur à sauver du film. Mention spéciale au tout jeune Sunny Pawar, qui est tout simplement bluffant dans le rôle de Saroo enfant. Il a la lourde tâche de tenir le film à lui tout seul durant une cinquantaine de minutes, et il réussit cet exercice avec brio. Un grand bravo à lui et au flair du directeur de casting. Rooney Mara et Nicole Kidman tiennent quant à elle des rôles secondaires, elles font leur boulot sans fioritures mais sans éclat non plus. Dev Patel joue quant à lui un rôle assez difficile et pas évident à appréhender, et qu’il réussit avec brio à cerner. Il faut savoir que l’acteur, assez exigeant dans ses rôles a passé 8 mois pour se mettre dans la peau du personnage, prendre l’accent australien, prendre du muscle ou se laisser pousser la barbe. On sent que c’est un rôle et une histoire qui lui tiennent à cœur et sa performance est excellente, sachant se montrer fébrile et touchant dans certaines scènes comme adoptant une certaine retenue dans d’autres. LE bon point du film.

Mais au final, je me demande encore quel est le message du film ? N’est-ce pas un peu tard pour dénoncer les conditions de vie des jeunes enfants en Inde ? Slumdog Millionaire est déjà passé par là (et d’ailleurs le film ne se cache pas de cette filiation, d’une part parce que les deux films partagent le même acteur principal et d’autre part car plusieurs affiches du film titraient « Le nouveau Slumdog Millionaire ». Néanmoins, je n’ai pas trop ressenti cette filiation, sûrement aussi dû au fait que je n’ai pas vu ce dernier depuis quelques temps) et le film semble arriver un peu tard. Néanmoins, le film reste cohérent et intéressant, sans trop sentir « l’histoire à Oscars ».

Au bout du compte, je reste assez impressionné par la force émotionnelle de ce film, que peu de monde peut nier. Mais je reste relativement déçu par une deuxième partie qui retombe, contrairement à la première partie, dans une histoire assez banale et clichée. Un très bon film donc, mais dont l’inégalité l’empêche d’accéder au statut de grand film.

Note : 7/10

Moyenne IMDb : 8/10

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