10 lettres à 10 réalisateurs – Martin Scorsese

Pour célébrer la nouvelle année, Antoine nous donne toutes les semaines une lettre qu’il adresse à l’un de ses réalisateurs favoris, où il lui explique pourquoi il l’admire.

Et pour finir en beauté, Antoine s’adresse aujourd’hui à celui qu’il considère comme le plus grand : Martin Scorsese !

« Cher Martin,

Ce que j’aime chez vous, c’est votre talent. Oui, talent, car, après bientôt cinquante années de carrière depuis Who’s that knocking at my door, vous me ramenez encore et toujours dans les salles obscures, en me surprenant encore. Oui, sur le papier, je n’ai pas envie de voir Silence ; malgré tout, je sais que j’irais le voir pour me délecter de votre travail. Si vous m’avez, il est vrai, parfois ennuyé, voir déçu (Raging Bull, Casino, ou bien Hugo Cabret), vous m’avez surtout émerveillé, en me donnant (entre autres) Taxi Driver, Les Infiltrés, Le Loup de Wall Street et bien d’autres encore… Pourtant, j’ai mis longtemps à vous comprendre. Longtemps à comprendre la place du travelling, la place du rouge, la place de votre cinéma. Oui, au début, vous n’étiez que celui qui faisait jouer De Niro, Keitel et DiCaprio. Parlons-en de ces trois-là, d’ailleurs. Les deux premiers vous doivent leurs carrières, l’autre sa notoriété, et rien que pour cela, on se doit de vous remercier ; car vous avez cette magie, cette science unique de magnifier votre acteur de manière discrète, subtile, noyée au milieu de votre formidable mise en scène, et ceux malgré le gros caractère de ces derniers, De Niro et Keitel en tête. Un autre point fort de votre cinéma, c’est votre rapport avec le cinéma. La scène magique du The End des Doors dans votre premier film, le grandissime saxophone de Bernard Herrmann dans Taxi Driver, le morceau de Frank Sinatra dans New York, New York, sont des grands moments de cinéma. Mais votre musicalité à mes yeux et mes oreilles restera associé aux Rolling Stones, le Jumpin’ Jack Flash dans Mean Streets et le Gimme Shelter des Infiltrés. En fait, c’est là que réside votre talent à mes yeux, cher Martin ; sans artifices, vous réussissez à imposer une maîtrise totale de tous les éléments technique comme très peu de vos confrères peuvent s’en targuer. Mais ce talent, contrairement à un Kubrick, ne saute pas aux yeux nécessairement ; il faut creuser votre cinéma, approfondir votre septième art, pour pouvoir vous comprendre, et pour se rendre compte de l’immensité de vos capacités. Alors, je n’ai fait que 2/3 du parcours avec les longs-métrages, Martin ; et je sais qu’il me reste encore beaucoup à apprendre de vous et sur vous. Mais une seule chose dont je ne peux douter : avec vous, il me reste encore beaucoup de grands moments de cinéma à vivre.

Amicalement, « 

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