Kong : Skull Island

Kong : Skull Island, film américain de 2017 réalisé par Jordan Vogt-Roberts avec Tom Hiddleston, Brie Larson, John Goodman, Samuel L. Jackson….

Ce film signe le retour d’une bête mythique du cinéma, apparue dès 1933, mais cette fois-ci dans sa version « améliorée », 9 ans après celle de Peter Jackson (que personnellement j’estime peu intéressante, puisque c’est un remake du premier, et un peu trop fleur bleue sur la fin) : (beaucoup) plus grand, plus fort, plus impressionnant…. Les adjectifs ne manquent pas pour qualifier un film qui fait de la bête une véritable montagne, démesurée.

Le film confirme la tendance qui se dégageait des bandes-annonces : on est ici dans un pur délire enfantin, où le but est de tout faire péter, que le spectateur s’éclate devant le film comme dans un grand huit. Mais cela ne se fait pas au détriment du scénario : même s’il reste très simple (et n’évite cependant pas un manque de relief de certains personnages, secondaires notamment), il reste ultra cohérent et intéressant, tenant en haleine le spectateur tout le long du film. Reboot du personnage (en vue d’une confrontation avec Godzilla prévue en 2020), il le place, au lieu des années ’30 habituelles, dans les seventies, en pleine fin de guerre du Vietnam, et même quelques jours avant que les soldats américains ne rentrent au pays. Le scénario suit son cours sans trop de fioritures, menant son histoire sans problème, même si certaines ficelles scénaristiques sont quelquefois assez visibles.

Autre tendance qui se dégageait de la bande annonce et qui se confirme ici : la filiation à Apocalypse Now (en même temps, quoi de plus évident dans un contexte vietnamien ?). Le film est bourré à n’en plus pouvoir de références au chef d’oeuvre de Coppola, que ce soit par le nom des personnages (Tom Hiddleston s’appelle Conrad, John C. Reiley s’appelle Marlow….), par une bande originale qui sent bon les seventies, ou par la reprise de scènes mythiques  (reprendre la scène des hélicos, sérieusement ? Vous n’aviez pas moins évident ?). Mais le film ne tombe pas dans le cliché du pensum sur la guerre en tant que monstruosité à travers celle de Kong. Le film se tient comme un divertissement ludique pendant quasiment deux heures sans quasi aucun problème.

La photographie de Larry Fong (à l’oeuvre sur Batman v Superman ou Super 8) est également agréable à l’œil, jouant beaucoup sur une saturation des couleurs pour donner à la jungle un aspect plus menaçant. Visuellement, le film est beau à voir et les effets spéciaux sont quasiment tous réussis (même si l’effet fond vert se sent un peu trop quelquefois). Le répertoire de monstres est également intéressant même si l’on frôle parfois le ridicule. Kong est également visuellement bluffant ; il est incroyable d’arriver de nos jours à un tel niveau de réalisme. Le film est donc servi par une photographie excellente, mais qui n’est malheureusement soutenue que par une réalisation un peu bancale. Jordan Vogt-Roberts semble manquer un peu de consistance pour pouvoir correctement filmer ses actions, car certaines de ses décisions de réalisation sont parfois….étranges, sinon étonnantes, et qui feront tiquer les spectateurs attentifs (en témoigne quelques scènes avec des vues à la première personne, trop sporadiques et rapides pour être justifiées et qui vous feront lever un sourcil d’incompréhension ; ou cette scène où Kong et l’antagoniste principal se fixent du regard ; et bien d’autres). Certaines scènes, et c’est là où c’est le plus dommageable, vous feront doucement rire alors que l’on se trouve dans des moments de tension. A vouloir partir dans son délire quasi nanardesque (de par la démesure et l’inventivité de tout le bestiaire de l’île), le film prend le risque d’y tomber réellement à plusieurs reprises (notamment dans la scène de sacrifice d’un des personnages, dont la tension, palpable, est désamorcée par une conclusion… étonnante). Un assez gros défaut du film, là où Jackson relevait le niveau par une tension soutenue par son côté lyrique. On a également un problème d’écriture au niveau des personnages, même principaux, qui manquent quelque peu de relief pour être véritablement attachants (Tom Hiddletson traverse le film comme un fantôme).

Au bout du compte, Kong est un excellent divertissement, un tour de grand huit devant lequel vous vous éclaterez sûrement. Il remplit son job sans fioritures, mais sans éclat non plus. Malgré tout, les défauts de réalisation et de scénario sont assez dommageables car évitables. Le film, dans sa tentative de rappeler que les monstres tels que Kong forment les meilleurs divertissements, tombe à plusieurs moments dans un côté nanardesque, qui au milieu d’une aventure qui se veut épique, fait tâche. Le résultat final est donc agréable, mais laisse un goût amer au vu des gros défauts qui handicapent un film qui méritait bien mieux.

Note : 6/10

Moyenne IMDb : 7,6/10

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