2017 : Les Tops 5

La fin de l’année approche, et avec lui les différents tops et flops. Ciné Maccro vous offre donc ses tops 5 de l’année 2017 ! 

Top 5 de Thomas

N°5 : Miss Sloane, réalisé par John Madden

Miss Sloane.jpgJohn Madden offre un film à la mécanique bien huilée qui rend son histoire attachante, et offre à Jessica Chastain un terrain de jeu idéal pour son immense talent ; personnage cynique, sans pitié, prête à tout pour arriver à ses fins, Jessica Chastain est investie dans son rôle et ça se sent à l’écran. Sa non-nomination aux Oscars est une honte, mais ce n’est que partie remise, l’heure de l’actrice viendra ! D’autant plus que l’année 2018 risque d’être encore son année, avec le Molly’s Game d’Aaron Sorkin prévu pour ce début d’année. Miss Sloane reste donc ne belle surprise de cette année, simple mais très efficace, et sa place dans mon top est amplement méritée.

N°4 : Blade Runner 2049, réalisé par Denis Villeneuve

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Passer après un monument de la science-fiction tel que Blade Runner premier du nom n’est clairement pas chose aisée. Projet casse-gueule, Blade Runner 2049 avait toutes les raisons du monde de se planter. Et pourtant, il réussit avec brio tout ce qu’il entreprend. La photographie de Roger Deakins est à tomber par terre, et Ryan Gosling trouve, après La La Land, un rôle à la hauteur de son talent. Parcourant tout le film, la notion d’héritage, de l’empreinte qu’on laisse dans l’histoire, sert de manière brillante son propos. Le film a certes pu diviser le public, mais il est indéniable que le film est une réussite sur beaucoup de points, notamment sa photographie. Denis Villeneuve inclue d’autant plus des thématiques et des questions fort intéressantes qu’elles ne sont en rien dommageables au premier film (qui n’a pour moi rien de « sacré ») et sont plutôt inattendues.

Le film n’est certes pas exempt de défauts (notamment sur le personnage de Jared Leto, efficace dans un rôle de gourou mais dont les interventions sont souvent très alambiqués et pas forcément utiles au film ; ou la pseudo-révolution des machines. Le film manque clairement de développement sur certains points) mais il reste pour moi une bouffée d’air frais dans le grand bain des blockbusters actuels.

Première qualifiait le film de “Parrain II de la science-fiction”. La filiation est osée, mais juste. Blade Runner 2049 ne laissera pas une place aussi indélébile que l’histoire du cinéma que son illustre aîné, mais il n’a pas à rougir de siéger à ses côtés.

N°3 : Dunkirk, réalisé par Christopher Nolan

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Après Interstellar, Christopher Nolan s’attaquait donc cette année à un pan d’histoire : l’opération Dynamo, nom donné à l’évacuation des troupes britanniques lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Avec ce film, le réalisateur britannique a clairement passé un cap, que ce soit dans sa réalisation, son montage ou sa gestion du son. Très loin de se contenter d’une image de la guerre assourdissante, le film préfère ménager ses effets et rend au contraire le tout plus oppressant. Les différentes temporalités empêchent le relâchement du spectateur pendant toute la durée du film ; le temps est précieux, et l’on en manque à Dunkerque.

Si pour cela, Nolan doit sacrifier la narration de son film et réduire les dialogues et le développement de ses personnages au strict minimum, cela renforce d’autant plus l’intensité de son long-métrage.

Le cinéma, c’est avant tout l’artifice du temps. Et décidément, Christopher Nolan est un très bon prestidigitateur.

N°2 : Un jour dans la vie de Billy Lynn, réalisé par Ang Lee

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Film quelque peu passé inaperçu,  il est pourtant diablement intéressant et prouve qu’Ang Lee en a encore sous la semelle.

Narrant le retour au pays de jeunes soldats américains, le film se penche sur les traumatismes que peut laisser une telle expérience. Le jeune Billy Lynn (incarné par un très convaincant Joe Alwyn) n’est jamais réellement parti de cette guerre : le rappel constant de sa position de soldat ainsi que les nombreuses “agressions” sonores ou visuelles ne manquent jamais de le ramener sur le champ de bataille. Unique film filmé en 120 images par seconde à l’heure actuelle (ce dont malheureusement personne n’a pu profiter), Ang Lee offre des visuels impressionnants, le travail sur le son et son mixage plongeant le spectateur dans la violence auditive de cet affrontement.
D’une mordante ironie, le film est donc l’une des grosses surprises inattendues de cette année.

N°1 : La La Land, réalisé par Damien Chazelle

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La La Land, grand vainqueur des récents Oscar, a polarisé pas mal de débats durant l’année, le public semblant plutôt divisé sur ce film. Il est malgré tout certain que le film n’a pas laissé indifférent, et en lisant mon après-séance, vous connaîtrez bien vite mon avis et sa place ici ne vous étonnera guère.

Cela sonne comme une évidence, mais La La Land est donc le meilleur film de cette année. D’une légèreté assez bienvenue après l’oppressant Whiplash, Damien Chazelle offre avec La La Land le rôle de leur vie à ses deux principaux acteurs, Ryan Gosling et Emma Stone, dont l’alchimie est palpable, entre le taiseux Sebastian et la solaire Mia.

Le réalisateur a clairement apporté un soin tout particulier à son visuel, que ce soit par sa réalisation (le plan-séquence d’ouverture est sublime, et la caméra très dynamique offre au film des plans d’anthologie), ses costumes ou sa photographie. Ce tourbillon de chansons qui cherche à retrouver le lustre d’un vieil Hollywood légendaire se trouve être le meilleur exemple dans ce domaine, évitant le simple exercice de style ou la banale citation. Avant tout, le film appelle au rêve, à s’accrocher à ses désirs sans tomber dans une niaiserie qui lui serait dommageable.

Et dans le monde dans lequel on vit, il est parfois agréable de pouvoir se laisser emporter par le rêve que nous offre La La Land.

 

 

Top 5 d’Antoine

 

Mentions spéciales : Au revoir là haut, Coco, Logan, Logan Lucky, Detroit

N°5 : Star Wars : The Last Jedi, réalisé par Rian Johnson

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Je sens d’hors et déjà que ce choix va diviser. Comme le film. Vous l’aurez donc compris, j’ai aimé ce nouveau Star Wars. Mais pourquoi une cinquième place dans le top de l’année ? Il ne vous est pas étranger que je suis un fan absolu de Star Wars et que j’avance toujours prudemment quand il s’agit d’évoquer objectivement la saga, tant la subjectivité prend facilement le dessus, surtout à l’heure de faire ce top. Star Wars : The Last Jedi  prend des risques. Beaucoup de risques. Si tous ne sont pas payants, je salue les tentatives de faire évoluer la nouvelle trilogie et la saga tout entière en proposant autre chose. On assiste à un vrai spectacle avec visuellement une identité et de la recherche dans la construction des plans, des personnages principaux qui sont, à l’exception peut-être de Finn, développés et bien interprétés, donnant alors lieu à des scènes qui nous impriment durablement la rétine. Si le film n’est pas parfait, s’il y a quelques défauts (quelques scènes maladroites à l’écriture, des personnages secondaires plutôt inutiles et mal écrits,…), cela restera à mes yeux néanmoins une agréable surprise, et un bon Star Wars à mes yeux, mais il semble évident que le film ne pouvait pas plaire à tout le monde. Il m’a fait vibrer en salles (ce qui, en soit, correspond à sa mission) alors que je n’en demandais pas tant. Et c’est assez pour faire pardonner ces quelques défauts et faire jouer le coeur au moment de rédiger ce top 5 (le tapage stupide de certains me donnant encore plus envie de le défendre).

 

N°4 : Brigsby Bear, réalisé par Dave McCary

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Double ration de Mark Hamill dans ce top 5 ! Chose assez rare, il faut le noter. Passer à la Semaine de la Critique à Cannes, Brigsby Bear n’a su trouver de distributeur chez nous et a atterrit sur des services de VOD. Et c’est bien dommage.

Dommage, car Brigsby Bear est un film profond rempli d’une grande humanité. Porté par Kyle Mooney, réputé pour ses performances du SNL, Brigsby Bear est une ode à l’innocence et à l’accomplissement de ses rêves, brillament interprété et magnifié par une mise en scène sobre, poétique et diablement imaginative. Un film touchant, beau, qui nous fait passer par toutes les émotions et par les pleurs, ce qui, en 2017, dans un monde de plus en plus en crise, offre une bouffée d’air frais non négligeable. Un film indépendant qui se veut grand, touchant, poétique, et qui constitue peut-être bien la plus agréable des surprises que le 7e art nous aie offert cette année.

 

N°3 : La La Land, réalisé par Damien Chazelle

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Aurait-il dû gagner l’Oscar du meilleur film ? Chacun à son avis sur la question. Il y a cependant quelque chose qui est cependant indéniable : on aura beaucoup, vraiment beaucoup parlé de La La Land cette année. Si le tapage médiatique a refroidi certains, il n’en reste pas moins que le film amena un certain consensus d’avis positifs au moment de sa sortie. Quasiment un an après sa sortie, que reste-t-il de La La Land ?

Il en reste un très grand film, un des meilleurs de l’année, hommage à un genre trop peu présent aujourd’hui, celui de la comédie musicale. La La Land, c’est la performance de 2 grands acteurs, Emma Stone et Ryan Gosling, c’est aussi la preuve que Damien Chazelle, trois ans après son incroyable Whiplash, est pétri de talent et se sert de manière toujours aussi incroyable de sa caméra. L’actuel titulaire d’un Oscar du meilleur réalisateur plus que mérité nous offre un grand, un très grand moment de cinéma, car, si on rentre dedans, La La Land nous offre une parenthèse enchantée, un moment de grâce où l’on a le droit de croire en ses rêves les plus fous. Une bouffée d’air frais, et un film porteur d’espoir. De part la qualité de sa réalisation, du jeu des acteurs, de la direction artistique et de la musique, ainsi que par son message, La La Land reste pour moi un des (très) grands moments cinéma de 2017.

 

N°2 : Dunkirk, réalisé par Christopher Nolan

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Dire que j’attendais Dunkirk au tournant est un euphémisme. Après 2 films (The Dark Knight Rises et Interstellar) que j’avais trouvé décevant, Nolan se recyclant dans l’ensemble, j’attendais son film de guerre comme soit la confirmation de cette sensation d’épuisement, soit l’affirmation d’un renouveau.

Comme vous aviez pu le lire cet été dans ma critique, c’est plutôt la deuxième option qui est de mise. Jamais je n’avais vécu une telle expérience immersive. Le film m’a maintenu en apnée tout du long, notamment par le côté minutieux de Nolan dans sa mise en scène ici. On notera aussi l’excellent travail de mixage sonore, et sur la bande originale de Hans Zimmer, preuve encore une fois que la qualité d’un film est dépendante de qualité audio. Restera encore une fois à rappeler la qualité visuelle du film pour conclure à l’un des films les plus entreprenants de Nolan, à la triple temporalité déconcertante, tout comme un scénario « post-it », c’est-à-dire des dialogues réduits à minima et des personnes totalement impersonnels, pour nous offrir un film d’une intensité rare, où l’immersion proposée par le réalisateur britannique fait du spectateur le principal protagoniste du film.

 

N°1 : Les Oubliés, réalisé par Martin Zandvliet

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Une année où les hautes places sont trustées par les films de guerre à mes yeux donc. Si je change les louanges de Dunkirk plus haut, il y a un film pour moi qui le surpasse, un film venu tout droit du Danemark et dont peu de gens ont parlé cette année. Sélectionné à l’Oscar du meilleur film étranger, Les Oubliés dans sa version française nous plonge dans le Danemark post-armistice de 1945, où de jeunes enfants, soldats allemands, sont obligés de déminer une plage avant de rentrer chez eux.

Si le postulat de départ est très basique, Martin Zandvliet nous livre une oeuvre profondément humaine, où l’on efface le manichéisme de la guerre (l’effacement du manichéisme semble être un thème récurrent de 2017…) pour ramener au coeur de l’action l’humain. Pas de méchants nazis et de gentils danois ici ; seulement des personnes brisées par les ravages de la guerre. La direction artistique, certes simple, n’en reste pas moins d’une puissance incroyable. Les décors naturels sont absolument grandioses, et la photographie se sert habilement de ces derniers pour appuyer le propos. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que la grande majorité des plans sont filmés à hauteur d’homme… On soulignera aussi un scénario écrit parfaitement, préférant les longs silences poétiques aux dialogues inutiles, tout en rythmant le film et en le chapitrant habilement. Si Dunkirk est un grand film de guerre, Les Oubliés est un profond manifeste humaniste, s’affranchissant de tous les clichés du cinéma de guerre bon marché pour nous offrir une oeuvre intense aux personnages forts, aux sentiments véritables et à l’implacable exactitude historique. Un très grand film de guerre, un très grand film tout court, et le meilleur de l’année qui vient de se terminer à mes yeux.

 

 

 

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