Il faut sauver le soldat Solo

Solo A Star Wars Story, film de science-fiction américain de 2018, réalisé par Ron Howard, avec Alden Ehrenreich, Emilia Clarke, Donald Glover et Woody Harrelson

Synopsis : Le jeune Han Solo s’allie à une bande de contrebandiers intergalactiques et à un vieux Wookie de 190 ans nommé Chewbacca. Ayant une dette auprès du gangster Dryden Vos, l’équipe met en place un plan pour dérober du Coaxium en provenance des mines de Kessel. Ils ont désespérément besoin d’un vaisseau ultra-rapide, Solo rencontre donc Lando Calrissian, propriétaire du vaisseau parfait : le Faucon Millenium.

Il y a quelques temps, Disney annonçait l’annulation des futurs spin-off Star Wars, dont la suite des aventures du jeune Han Solo. Cette nouvelle aurait de quoi réjouir les fans qui ont boudé le film à sa sortie ; et pourtant dans une galaxie lointaine, très lointaine, une pétition et des hordes de twittos en furie ont vu le jour pour lutter contre cette annulation. Mais pourquoi donc ?

Lorsque Star Wars est racheté par Disney, très vite les fans ne craignent qu’une chose, voir la saga de leur enfance aseptisée et déclinée en masse tous supports confondus, pour ne devenir qu’une simple licence commerciale de Disney de plus, sans aucune saveur ni véritable identité artistique comme le MCU. Et comble du comble, Disney annonce 1 épisode phare tous les deux ans entrecoupé d’un spin-off par an, afin d’offrir au public un Star Wars par an, la saga devenant alors une véritable vache à lait. De quoi faire une overdose de Star Wars. Il est aujourd’hui en juin 2019 difficile de donner tort à ces fans qui avaient peur de perdre l’essence de Star Wars avec la nouvelle saga lancée par Le Réveil de la Force. Un scénario qui ressemble beaucoup trop à l’épisode IV, des personnages et une histoire mal écrits, des symboles détournés et un univers maltraité pour nombre d’entre eux, avec en prime la sensation que rien n’est écrit à l’avance et que chaque film ne sait pas où il va, ni dans ses enjeux, ni dans l’évolution de ses personnages.

Soyons clairs, il ne s’agit pas ici de juger les épisodes 7 et 8 en détail mais bien de s’intéresser au dernier né de la saga, Solo : A Star Wars Story. Et pourquoi des fans qui ont tant eu peur pour cette saga ne se réjouissent pas de l’arrêt du massacre ? Parce que comme nous l’avons dit, il y a eu 2 spin-off Star Wars sortis également et que, à la surprise générale, ces spin-off et notamment Rogue One sont loin d’être mauvais et se révèlent au final bien supérieurs à leurs aînés 7 et 8 ; et si Rogue One semble être adoubé par la communauté des fans et la critique, ce n’est pas le cas pour le film Solo, et nous allons vous expliquer pourquoi ce film mérite votre attention et surtout une seconde chance.

Solo : A Star Wars story, au coeur de l’univers étendu

Alden Ehrenreich, le nouveau Han Solo

Solo est un spin-off de la saga Star Wars qui s’intéresse à la jeunesse de Han Solo et notamment sa rencontre avec des personnages clefs comme Chewbacca et Lando Calrissian. Le film dure 2h14 et nous plonge dans les origines du plus célèbre contrebandier de l’espace. Et s’il y a quelque chose que l’on remarque tout de suite avec ce film, c’est l’univers Star Wars, cet univers que l’on retrouve et qui nous avait tant manqué. Pourquoi parler en premier lieu de l’univers et pas d’autres éléments clefs du film que nous aborderons ensuite ? Parce que Star Wars, c’est une saga et c’est surtout un univers, une atmosphère et c’est exactement ce qu’on retrouve ici. Les personnages et l’intrigue évoluent dans cet univers, on sent à travers les décors et les différentes péripéties qu’ils ne sont qu’une partie de quelque chose de plus grand qu’eux et qui était déjà là sans eux. Et c’était ça un des gros problèmes des épisodes 7 et 8, les personnages évoluaient dans un monde qui semblait s’adapter à eux et surtout avoir été créé pour eux. On n’avait pas l’impression d’avoir affaire à des lieux qui avaient un passé, une histoire et surtout une autonomie. C’est ça, une des plus grandes qualités de Solo : l’univers sert l’histoire et non s’adapte à l’histoire. Les personnages traversent des mondes et des événements qui les dépassent, on sent que quelque chose existe autour d’eux, que ce soit l’Aube écarlate, les guerres de l’Empire ou le monde des contrebandiers, les personnages servent des forces qui leur sont supérieures et dont on peut mesurer la puissance grâce à certains dialogues et passages. Ce film développe l’univers de Star Wars et ne décide pas de le prendre comme simple décor comme les épisodes 7 et 8.

Le retour des héros

Ensuite vient les personnages. Alden Ehrenreich n’est pas transcendant dans son rôle de Han Solo, il ne surpasse pas Harisson Ford, loin de là. Mais ce n’est pas une tête à claques et son duo avec Chewbacca fonctionne, nous ne sommes pas face au couple Rose/Finn où l’on a envie en permanence de claquer un des deux personnages par rapport à leurs décisions ou à chercher une explication logique à ce qui se passe. Le personnage est plutôt bien écrit et on sent les influences de son mentor sur la suite de ses actions et son évolution est pertinente. Et c’est le cas également pour le personnage de Lando Calrissian qui est plus charismatique que jamais, incarné à la perfection par Donald Glover qui nous livre probablement la meilleure interprétation du film et peut-être même du personnage. Les personnages féminins ne sont pas en reste avec une Emilia Clarke qui n’est pas une cruche naïve mais bien une survivante qui est consciente de son destin et même une opportuniste servant ses intérêts personnels et sa capture du pouvoir. La droïde L3 nous prouve également que c’est du côté des spin-off qu’il faut chercher les meilleurs personnages droïdes développés avec une vraie personnalité et non pas juste des bip-bip et une forme mignonne pour vendre des jouets. On y trouve alors un personnage féministe, reflet de notre époque qui y aborde un thème rarement évoqué dans la saga, l’indépendance des droïdes. Les personnages possèdent donc eux aussi une qualité qui s’est faite rare ces dernières années chez Star Wars, une bonne qualité d’écriture, des actions logiques et qui s’enchaînent logiquement, sans nous donner envie de traverser l’écran pour en frapper un qui ferait quelque chose de stupide ou d’inutile pour faire une blague.

Donald Glover en charismatique Lando Calrissian

Et plus que les personnages, c’est l’histoire qui est plaisante car elle ne semble pas sortir du livre du parfait scénariste ni d’avoir été pompée sur un ancien épisode. Solo arrive à nous surprendre par la mort de certains personnages ou le dénouement. Non, le héros ne tue pas le méchant après un combat épique et finit en happy end, Han n’obtient pas le Faucon Millenium après une partie de Saabac contre Lando au milieu du film comme n’importe quel fan l’aurait prédit, ni ne se sauve avec l’amour de sa vie. Mais surtout, cette histoire pose les bases d’une suite dont on aurait bien aimé qu’elle voit le jour : le retour de Dark Maul en tant que chef de l’Aube écarlate ou encore ce fameux coup sur Tatooine où on se doute retrouver un certain Boba Fett ou Jabba le Hutt. Le film est d’ailleurs truffé de clins d’œil et de références que les fans reconnaîtront et surtout le fan service n’est pas gratuit, il sert le film et non l’inverse.

Solo : A Star Wars Story n’est pas un grand film Star Wars. L’histoire est plaisante mais ne possède pas de moments transcendants ni de frissons par quelque acte de bravoure digne du plus grand des contrebandiers. Han Solo ne crève pas l’écran malgré le reste du casting et au final, on regarde le film en se disant que ce n’est pas si mal mais qu’on n’a pas pris de claque comme dans la plupart des Star Wars, et on ne le retiendra pas forcément. Mais Solo est un spin-off, il est là pour faire patienter entre deux épisodes. S’il est sorti quelques mois après l’épisode 8, c’est parce que Disney savait ce film davantage pour les fans. Solo, c’est un épisode filler dans une série, il n’a pas pour but d’être le centre de l’intrigue, seulement de faire passer un bon moment au spectateur averti. C’est d’ailleurs pour ça qu’il n’y a pas de générique dans les étoiles au début du film comme pour Rogue One. S’il a fait un échec commercial, c’est davantage parce qu’il est sorti trop vite après l’épisode 8 et à cause de toutes les rumeurs venant des coulisses, qu’à cause de sa réelle qualité en tant qu’œuvre. Car comme Rogue One, il cherche réellement à réinventer son univers et à le développer plutôt que de simplement en tirer profit. Et il ne faut pas oublier que Ron Howard est intervenu tardivement sur le film et que, comme il l’a dit lui même, « les fans apprécieraient le film s’ils allaient le voir ». Donc finalement, pourquoi les fans voulaient-ils une suite aux aventures de Han Solo ? Car ce film, même si il n’est pas parfait, est doté de toutes les qualités pour passer un bon moment dans l’univers de Star Wars et surtout est réellement plaisant à regarder. Après 4 films Star Wars, c’est dans les spin-off que Disney a le mieux réussi à prolonger la magie de la saga et à créer de véritables personnages et intrigues autour de son univers, et c’est peut-être pour ça que nombreux sont ceux qui souhaitent la continuation de cet A Star Wars Story. Alors pourquoi vous ne tenteriez pas l’aventure du jeune Han Solo ?


Note

7/10

Solo est la 2ème réussite de Disney dans l’univers Star Wars avec Rogue One, un scénario bien écrit, un univers enrichi et des personnages secondaires charismatiques, le film mérite une deuxième chance dans le cœur des fans tout comme dans celui du grand public.


Bande-annonce

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