Voyage au bout de l’enfer

Voyage Au Bout de l’Enfer est un film de guerre/drame américain, réalisé en 1978 par Michael Cimino, avec Robert De Niro, Christopher Walken, John Cazale, John Savage et Meryl Streep.

Synopsis : Une bande d’amis insouciants partent combattre au Viêtnam. Certains en resteront marqués par des séquelles physiques ou psychologiques.


De nombreux films sur la guerre du Vietnam sont apparus au cours du XXe siècle, certains étant devenus des classiques du 7e art, mais Voyage au bout de l’enfer fut le premier en 1978 à traiter des événements traumatisants pour le peuple américain. Et paradoxalement, ce film n’est pas un film de guerre mais un film sur la guerre. Il est temps de se pencher sur Voyage au bout de l’enfer.

À travers un synopsis qui parait simple, c’est l’horreur du Viêt Nam qui est décrite avec une rare intensité. Bien que des films tels qu’Apocalypse Now ou Platoon nous livrent un témoignage de la vie des soldats américains durant la guerre du Vietnam, le réalisateur Michael Cimino a fait de son film un véritable plaidoyer pour l’être humain. Ce film se divise en trois parties : la vie avant la guerre où la bande d’amis vivent leurs derniers moments d’insouciance ; puis place à la vie durant la guerre où ils sont faits prisonniers ; et le retour au États-Unis et la tentative de se réintégrer.

Nick (Christopher Walken), Michael (Robert De Niro) et Stan (John Savage)

Ce film se démarque des autres par le fait que le film ne comporte qu’environ trente minutes de scènes de combats, le reste du film se concentrant sur les hommes et non les soldats.
Et c’est là où cette œuvre atteint son objectif. On a rarement vu au cinéma un drame comme celui-ci. Tout en finesse, le film prend son temps et décrit avec une rare intensité une Amérique des années 60 et le destin de milliers de personnes qui fut brisé par une guerre décriée par certains et approuvée par d’autres.

Et quelles personnes brisées ! Beaucoup d’acteurs peuvent jouer des soldats, peu ont la carrure pour jouer de vrais êtres humains insouciants puis traumatisés.
Rarement au cinéma on a vu autant de grands acteurs dans un seul film, et si Robert de Niro est magistral et signe peut-être la meilleure performance de sa carrière, que dire de la prestation de Christopher Walken qui crève l’écran et sera récompensé d’un Oscar bien mérité.
Hormis les anciens soldats, nous faisons également face à la douleur des civils ne reconnaissant plus leurs proches revenus du combat. Cette douleur se personnifie dans le personnage que joue la jeune Meryl Streep qui comme d’habitude est parfaite.

S’il y a un bémol à retenir de ce film, c’est le point de vu que l’auteur a voulu prendre. En effet nous sommes face à un film américain parlant au public américain. Cimino choisit de ne montrer que les horreurs des ennemis. Les actes choquants et barbares qui sont visibles à l’écran sont uniquement ceux commis par les Vietcongs, comme le jeu de la roulette russe par exemple, scène qui est d’une intensité folle. Un film qui sent bon le patriotisme, la dernière scène de celui-ci étant les personnages qui chantent l’hymne américain.

Michael (Robert De Niro)

Voyage au bout de l’enfer est plus qu’un film de guerre, c’est un drame.
Michael Cimino fait prendre conscience aux spectateurs des ravages de la guerre comme peu de réalisateurs et de films l’ont fait.
Un film qui touche la perfection mais avec lequel il faut tout de même prendre de la distance avec celui-ci car il y un risque de manque d’objectivité de la part d’un réalisateur qui a lui-même connu de près ou de loin la guerre du Vietnam.


Note
9/10


Un film poignant qui nous montre un autre aspect de l’horreur du Vietnam. Une mise en scène et une distribution hors du commun font de ce film un chef-d’oeuvre intemporel.
Michael Cimino a, avec ce film, changé l’histoire du 7e Art et rendu hommage à des millions d’américains.



Bande-annonce

Un commentaire sur “Voyage au bout de l’enfer

  1. « Voyage au bout de l’enfer fut le premier en 1978 à traiter des événements traumatisants », à relativiser tout de même car avant lui Ted Post signait « Go tell the Spartans » sur le conflit au Vietnam.
    Évidemment l’angle choisi est bien différent, s’attachant à faire de cette guerre une souillure. C’est à mon sens avec une profonde ironie qu’il faut entendre ces chants patriotiques à la fin, et qui font écho aux « portes du Paradis » que Cimino réalisera ensuite donnant à voir de son pays un bien piteux tableau.

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