Court Métrange 2019, Journée 3 : Un bouquet final magnifique

La 16e édition du Festival Court Métrange a ouvert ses portes le mardi 15 octobre dernier. Qu’est-ce que c’est ? Le Festival Court Métrange est un festival international de court-métrage insolite, horrifique ou fantastique, basé à Rennes. Pendant cinq jours, nos amis bretons auront donc la chance de se réunir autour de la thématique du fantôme et de l’invisible dans les salles obscures. 72 films sont en compétition cette année, et de nombreuses autres activités. Après deux belles journées, quatre séances étaient au programme aujourd’hui, ainsi qu’une rencontre au sommet avec les réalisateurs, avant évidemment une belle remise de prix…

Du beau, du grand cinéma

On l’a dit, quatre séances étaient au programme, et avec elles de très belles découvertes. Inclassable(s) a ouvert le bal, pour une des séances les plus denses de la compétition. La tête dans les orties de Paul Cabon premièrement, un très beau court d’animation qui nous offre une plongée métaphysique en forme de rite de passage. On peut aussi citer les très drôles Snaggletooth de Colin Bishopp et Re: Possessed Homes de Matthew Evans Landry, deux oeuvres nord-américaines montrant que l’on peut réussir de l’horreur sans pour autant terrifier son spectateur. Mais le monstre de cette séance est sans nul doute Mémorable de Bruno Collet, le meilleur film de cette compétition, une grande et belle œuvre, où la puissance du travail de Bruno Collet n’a d’égal que l’universalité de son propos.

Mémorable – Vivement lundi !

A peine remis de nos émotions, nous avons enchaîné avec (F)auteurs de troubles, qui met en avant trois très belles oeuvres : le terrifiant The Dreamer de Kenneth Karlstad, un effroi tout droit venu du nord, une oeuvre d’horreur aux émotions véritables qui met à l’amende nombre d’oeuvres actuelles dans le genre. On y trouve également le mélancolique Here there be monster de Drew MacDonald, une oeuvre de genre dingue, un pamphlet haletant contre le harcèlement scolaire qui donne de l’espoir concernant le cinéma australien. Enfin, il nous faut citer Bailora de Rubin Stein, une proposition de cinéma radicale et poétique, une oeuvre qui nous hante de par sa beauté et sa qualité.

Zones de turbulences clôturait ensuite la compétition de cette 16e édition, et qui, s’il est marqué par beaucoup de classicisme, notamment pour le très sympathique Boy’s Club de Troy Dewinne, on notera tout de même le très captivant Fuse de Shadi Adib, grosse oeuvre d’animation au propos tranché et à la réflexion acerbe, et également le très hilarant Nyet! d’Alex Helfrecht et Jorg Tittel, un court qui fait invariablement écho à l’actualité anglaise du moment.

Une séance spéciale s’est déroulé ensuite à 22h15, pour le prix du public. 6 oeuvres au programme, en provenance direct du BIFFF, du Brussels Short Film Festival et Courts Mais Trash. Une programmation spéciale en provenance du plat pays d’une extrême qualité. Notons le très amusant How it feels to be hungover de Viktor Hertz qui a fait hurler la salle par son concept unique, The Voorman Problem de Mark Gill et un formidable duo Martin Freemar/Tom Hollander, pour une oeuvre très intelligente et merveilleusement écrite. Baghead d’Alberto Corredor Marina constitue lui une très belle oeuvre de genre, une magnifique proposition de cinéma aux effets et sensations réels et saississables. Mais notre coup de coeur va au Dispersion de Basile Vuillemin, une oeuvre absurde hilarante, à la réalisation sobre et efficace, signant sûrement la découverte d’un futur grand réalisateur.

Bailora – FilmFreeway

Des heureux et des regrets

Le gros moment de la journée était finalement la remise des prix de cette 16e édition. En amont de cette dernière (oui, promis, on l’a fait avant de connaître le palmarès), nous nous sommes essayé à l’exercice d’établir notre palmarès de cette très belle 16e édition. Ainsi, nous aurions offert le Grand Prix Court Métrange à Mémorable de Bruno Collet, le Méliès d’Argent à Maw de Jasper Vrancken, le Prix France Télévisions à Bailora de Rubin Stein tout en offrant une mention spéciale à Tomorrow might be the day de Joséfa Celestin, avant de finalement décerné le Prix du public « Bruxelles zwanze » à Dispersion de Basile Vuillemin.

Si le prix du public « Bruxelles zwanze » n’a pas été décerné à l’heure où nous écrivons ces lignes, on peut d’hors et déjà dire que le jury a dressé un palmarès, certes différent du nôtre, mais qui y trouve une belle logique et récompense de très belles oeuvres. Ainsi, le prix France Télévisions est décerné à Hopes de Raùl Monge, le Méliès d’Argent revient à Limbo de Daniel Viqueira, la mention spéciale est pour Ulises de Jorge Malpica, tandis que le Grand Prix est pour (et c’est amplement mérité) Maw de Jasper Vrancken.

Dispersion – Kino Geneva

L’HEURE DU BIlan

C’est ainsi que cette 16e édition se renferme, et nous sommes allés à la rencontre du président du festival, Steven Pravong, pour tirer un bilan à chaud de ce très beau moment.

Ciné Maccro : Monsieur Pravong, bonsoir.

Steven Pravong : Bonsoir.

C.M. : A chaud, alors que le festival vient de se terminer, quels sont les premiers ressentis ?

S.P. : On a eu quelques frayeurs avec la première journée du festival, qui a malheureusement été sous la houlette d’une pluie extrêmement dense et dissuasive, et que finalement on a fini par remplir de très belles salles avec un public chaleureux et engagé !

C.M. : On a eu cette année une sélection très dense, comme l’a souligné le jury, avec cette mention spéciale, ça vous fait quelque chose d’accueillir autant de diversité dans votre festival ?

S.P. : C’est la mission du festival : offrir la vision la plus panoramique du genre, le risque étant cette abondance de tons, de couleurs, d’humeurs… Ca peut potentiellement pour un jury qui fait un authentique marathon de visionnage, ça peut être relativement éprouvant, il y a une usure bien naturelle qui se produit au bout de quelques jours, mais pour le public a tendance a s’y retrouver car il aime bien avoir les moyens de s’émerveiller, de s’insurger, de s’épouvanter, d’être contenté, de passer par une espèce de grand 8 d’émotions variées.

C.M. : Que peut-on attendre pour la future 17e édition de Court Métrange ?

S.P. : Le meilleur ! On ne peut attendre que le meilleur. Je ne peux dévoiler la thématique de la future édition, mais le meilleur, je crois que ça.

C.M. : Merci beaucoup pour ce très beau festival, et à l’année prochaine.

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