Le Duel #9 : Quentin Tarantino

Le Duel est une rubrique en partenariat avec Le Drenche. Chaque vendredi chez eux, et chaque samedi ici, deux rédacteurs de Ciné Maccro confrontent leur avis, positif ou négatif, sur un film !


le pour

Nils p.

Quentin Tarantino, un grand d‘Hollywood ?

Pour décrire l’œuvre de Quentin Tarantino, le terme « surcoté » est souvent employé. Le cinéaste est fréquemment catégorisé comme un cinéaste pour adolescents commençant leur cinéphilie et en recherche de scènes sanglantes.

Résumer Tarantino aux scènes violentes qui ponctuent ses films parait dérisoire tant ses longs métrages regorgent de points forts faisant d’eux des films grandioses, ou presque. Premièrement, Tarantino est un auteur de dialogues. Ils sont captivants, drôles et le meilleur moyen pour nous présenter les nombreux personnages dans ses films. On peut citer les débats des personnages à propos de cheeseburger dans Pulp Fiction ou encore ceux sur une chanson de Madonna dans Reservoir Dogs. Ces dialogues, qui sont omniprésents, servent à faire vivre des personnages hauts en couleur et de qualité, toujours joués par un casting hors norme.
Parmi ces acteurs fétiches on peut citer Samuel L. Jackson, Uma Thurman, Tim Roth et dorénavant Brad Pitt : quel réalisateur peut se vanter d’avoir autant de grands comédiens à sa disposition ?

La violence est le gros point de discorde sur la filmographie de Tarantino. Contrairement à d’autres œuvres, chez lui la violence est esthétisée, quitte à l’exagérer pour nous rappeler un mauvais film de série B. Et si celle-ci est trop crue, il sait la rendre intéressante en la filmant en noir et blanc par exemple. Chez Tarantino la violence est jouissive et l’est aussi pour les spectateurs, elle n’est pas rajoutée simplement pour choquer, mais est ici élevée au rang d’art.

Bien qu’il soit de bon ton de les critiquer, les récompenses sont tout de même importantes pour ce qu’elles représentent dans le Septième Art. Et force est de constater que Quentin Tarantino a depuis plus de vingt ans été nommé et a gagné de nombreux prix : un autre indice de ce que représente Tarantino dans le cinéma actuel.

Tarantino utilise la même recette à chaque film, mais comment le lui reprocher quand d‘autres réalisateurs le font aussi ? C’est simple, lorsqu’on regarde un Tarantino, on le sait tout de suite. Mais cela est-il un défaut ? Non, Tarantino est depuis plus de vingt ans un OVNI dans le paysage hollywoodien avec sa violence exagérée, ses films chapitrés et ses BO marquantes. Mais alors pourquoi Quentin Tarantino fait-il partie des plus grands ? A cette question, l’intéressé a une réponse parfaite : « parce que c’est cool ».


Le contre

Hugo F.

Tarantino, de la poudre aux yeux ?

Pour beaucoup de cinéphiles ainsi qu’aux yeux du grand public, Quentin Tarantino est un auteur ayant réussi à s’imposer comme une référence dans le paysage hollywoodien en ayant brisé ses codes et affirmé son propre style. A cela, je répondrai d’abord que le subversif n’est pas nécessairement gage de qualité et que si Tarantino reste un personnage à part à Hollywood, il n’est pas  l’auteur d’un style. Il s’en est accaparé un. D’ailleurs, lui-même l’assume ! ll est conscient de recycler beaucoup d’idées des nombreux films qu’il a vu et, si l’intention n’est pas mauvaise, c’est l’engouement autour qui en est disproportionné.

En outre, sa vision du cinéma contemporain très superficielle, à l’image de son dernier métrage Once Upon a Time in Hollywood (sans doute son oeuvre que j’aime le moins), où l’idée du “c’était mieux avant” renforce son caractère prétentieux et arrogant. Si, bien sûr, il est un excellent dialoguiste (le dialogue étant certainement la partie la plus délicate de la conception d’un script), ses récits sont souvent gâchés par la longueur de ses scènes voire même, la superficialité du propos. Les longs segments de Pulp Fiction parviennent à m’endormir quand je suis insensible au destin des personnages de Reservoir Dogs par exemple. Pourtant, je ne suis pas réfractaire à chacune des oeuvres de QT, je trouve juste dommage la subversivité forcée de celles-ci alors que j’en apprécie beaucoup le rendu lorsqu’il s’approche un peu plus d’une démarche classique comme dans Inglorious Basterds dans lequel le réalisateur travaille le suspens et la tension à travers des archétypes et des personnages intéressants.

Enfin, je n’irai pas jusqu’à dire que Quentin Tarantino est un mauvais réalisateur, le but de ma critique étant de relativiser l’impact de son oeuvre auprès du grand public comme des cinéphiles que je trouve exagéré. Et si Once Upon a Time in Hollywood est le film le plus représentatif de sa carrière, il est aussi celui qui a le plus divisé, preuve en est que le monsieur ne fait pas totalement l’unanimité. Néanmoins, son talent indéniable me fait attendre son dernier long-métrage, dans l’espoir d’un ultime soubresaut.


bande-annonce de son dernier film, once upon a time in hollywood

Un commentaire sur “Le Duel #9 : Quentin Tarantino

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