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La Caverne des Films

…à Valparaiso

La magnifique collaboration entre Joris Ivens et Chris Marker.

🎬 Réalisateur : Joris Ivens

🎬 Casting : Roger Pigaut (narrateur)

🎬 Scénario : Chris Marker

🎬 Genre : Documentaire

🎬 Pays : France, Chili

🎬 Sortie : 1963

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Synopsis : Film documentaire sur la ville de Valparaiso, sa géographie, son histoire, son développement urbain.

Très engagées politiquement et socialement, les oeuvres de Joris Ivens ont souvent été controversées. Parfois interdite en France, certaines sont restées méconnu et ignorées. Certes la forme de ses réalisations a vieilli mais le fond reste d’actualité. Les inégalités sociales, la lutte des travailleurs et le développement des sociétés sont les thèmes qu’il traite. Avec un scénario écrit par Chris Marker, notamment reconnu pour « La jetée » de 1962, « …à Valparaiso » nous illustre la dure réalité de ce qui se traduit par « La vallée paradis ».

Valparaiso, 300 000 habitants au centre du chili. Un port, le soleil et des collines. La première séquence nous montre un bateau puis lorsque nous apercevons Valparaiso un feu d’artifice fait son apparition. Il est clair que pour les étrangers, les marins et les voyageurs cette ville incarne le bonheur, la joie. L’arrivée doit être fêtée. Cependant Ivens nous montre qu’il existe deux villes en une. La ville d’en bas et le monde d’en haut. Il est primordial de les distinguer car, les modes de vie et le type de population est totalement différent. En bas, les riches et les femmes à ombrelles qui promènent leurs pingouins. En haut, les pauvres, les démunis. La seule chose qu’ils partagent sont les ascenseurs. Ces derniers permettent de monter et de descendre selon bon leur semble. Ils sont primordiaux étant donné la raideur des collines. Les ascenseurs dictent la vie des gens.

Copyright Joris Ivens.

La différence de vie entre le haut et le bas n’est pas sans nous rappeler « Entre le ciel et l’enfer » (1963) de Kurosawa. Plus on monte sur la colline plus les gens sont pauvres. Joris Ivens témoigne à travers cette oeuvre de la difficulté de la vie des gens d’en haut, et ce d’une manière très poétique. L’eau manque, le gaz manque, les écoles manquent. Tout manque et malgré cela, les gens paraissent heureux. Ils sourient.

« A quel prix les choses les plus simples, à quel prix la volonté de vivre, à quel prix le bonheur ? »

Roger Pigaut (narrateur)
Copyright Joris Ivens.

Ici décrit comme un peuple pacifique, courtois, agréable, les habitants de Valparaiso n’ont cessé de souffrir. « Le sang, c’est la mémoire de Valparaiso ». Au cours du documentaire Ivens en profite pour raconter l’histoire de cette ville. Une ville malmenée par les pirates. Une ville constamment empoisonnée par les colonies. Ensuite une ville détruite par les tremblements de terre. Tel devait être le destin de ce peuple pacifique. Le mensonge de la vallée paradis.

« Son mensonge c’est le soleil, sa vérité c’est la mer. »

Roger Pigaut (narrateur)

Ne pas se fier aux apparences. Les gens d’en haut sont obligés de descendre et de monter à pied pour économiser quelques sous au lieu de prendre l’ascenseur. Ils doivent se débrouiller pour trouver de l’eau. Tandis que ceux d’en bas dansent sans se demander s’ils auront de l’eau le lendemain. Des inégalités à perte de vue. Valparaiso c’est l’histoire d’un mensonge.

Copyright Joris Ivens.

Note :

Note : 9 sur 10.

9/10

La qualité de narrateur de Roger Pinaut est à souligner. Le spectateur s’imagine rapidement au Chili. D’autant plus qu’Ivens utilise des plans fixes afin d’illustrer la tendresse du lieu. La caméra n’est jamais en mouvement et son montage est irréprochable. Un message clair est passé. La description de la ville est poétique et malheureusement les thèmes abordés sont intemporelles. Un documentaire à voir.


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