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Antoine et Colette

Retour sur le court-métrage de François Truffaut, nous proposant une suite aux aventures d’Antoine Doinel.

🎬 Réalisateur : François Truffaut (Les Quatre Cents Coup, La Nuit Américaine)

🎬 Casting : Jean-Pierre Léaud (Les Quatre Cents Coups, Masculin Féminin), Marie-France Pisier (Cousin, cousine, Barocco)

🎬 Pays : France

🎬 Genre : comédie dramatique

🎬 Sortie : 22 juin 1962

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Synopsis : Antoine rencontre Colette aux Jeunesses Musicales. Il tombe amoureux d’elle mais elle le considère comme un ami. L’amour parait donc impossible.

En 1962 parait le film à saynètes L’amour à vingt ans. Ce film a comme particularité d’être composé de plusieurs segments réalisés par des cinéastes de divers horizons tels François Truffaut, Shintarō Ishihara, Marcel Ophüls, Renzo Rossellini et Andrzej Wajda. Le désormais célèbre réalisateur de la Nouvelle Vague François Truffaut profite de cette occasion pour donner suite à l’histoire de son personnage Antoine Doinel découvert trois ans plus tôt dans Les Quatre Cents Coups. Antoine et Colette est donc un court métrage de trente minutes. Mais très rapidement ce film fut diffusé individuellement.

On retrouve donc Antoine Doinel, âgé de 17 ans, qui a désormais atteint son but : la liberté. En effet il est totalement indépendant, travail dans une fabrique de vinyles, habite dans un petit appartement en plein centre de Paris. Antoine semble donc avoir tout pour être heureux, mais tout change lorsqu’il rencontre Colette.

La scène de leur rencontre est d’une grande maîtrise et d’une justesse à laquelle Truffaut nous habitue, en effet Francois Truffaut parvient à sublimer un simple jeu de regard. Lors d’un concert Antoine remarque les jambes nues de Colette, puis découvre son visage dont il n’arrive pas à se détacher. Des rapides coups d’œil, des regards parfois appuyés, Antoine perd en cette fraction de minutes la liberté qu’il avait acquis. Le voilà aussitôt prisonnier de Colette.

Quand Antoine (Jean-pierre Léaud) rencontre Colette (Marie-France Pisier)

Ce film semble nous promettre une histoire d’amour, une romance entre adolescents mais ce n’est pas le cas. L’amour que porte Antoine à Colette n’est pas réciproque, celle-ci le considère seulement comme un ami. Mais Antoine ne semble pas le comprendre, il s’entête. On le voit donc l’inviter sans-cesse à divers événements, tenter de l’embrasser, il devient ami avec ses parents, et pour finir il déménage juste en face de chez elle (assez étrange avec du recul). Ils ne semblent pas être du même monde, elle sort tard le soir avec des amis quand lui préfère lire des livres de Balzac. Mais cela semble amuser Colette, elle joue avec Antoine, se sachant désirée elle laisse sombrer son admirateur dans une passion sans failles.

Si cette relation particulière amuse Colette, elle semble également amuser le réalisateur, pourquoi nous présenter une relation à sens unique alors que l’on pourrait assister à une idylle ? la réponse est que cela ravi François Truffaut. Avec Antoine et Colette il s’amuse à d’écrire l’amour à 17 ans, ce charme qu’a l’amour lorsque l’on ne comprend pas encore ses codes et ses limites. Truffaut tente de nous faire comprendre comment une amourette de jeunesse forge un homme, et nous invite chacun, en particulier Antoine, à rire de cette situation quelques années plus tard.

Sur le plan technique et scénaristique ce court-métrage est très bon. Il n’atteint certes pas la perfection de son prédécesseur Les Quatre Cents Coups mais François Truffaut parvient encore à sublimer la ville lumière et sait (comme toujours) donner de la consistance à ses personnages. Certes il y a moins de plans marquants mais il parvient parfaitement à montrer à la caméra cette relation qui aurait pu être complètement loupée tant elle ambivalente et complexe. Mais, en tant que point négatif on peut noter une postsynchronisation assez douteuse, en effet elle dessert les dialogues car les doublages sont en total décalage avec les mouvements labiaux. Ceci est assez dérangeant quand on commence à le remarquer.

Antoine (Jean-pierre Léaud), 17 ans et indépendant

Si on se penche également sur le casting de ce film là aussi le bât blesse. L’acteur principal Jean-Pierre Léaud semble en retrait, on ne parvient pas à s’attacher à son personnage comme se fut le cas dans Les Quatre Cents Coups. Léaud semble en sous-jeu mais reste néanmoins crédible en adolescent amoureux. Marie-France Pisier, jouant le rôle de Colette est très juste, elle peut paraître, quant à elle, en sur-jeu mais parvient à jongler entre le snobisme et le caractère assez spécial de son personnage.

Second volet de la saga Doinel, Antoine et Colette est un film sur l’amour adolescent et toute sa complexité. C’est avec tendresse, humour et avec une technique quasi irréprochable que François Truffaut nous touche en plein cœur et nous rappelle à quel point l’amour est beau, injuste mais surtout formateur.


Note

Note : 8 sur 10.

8/10

Sans pour autant révolutionner (une seconde fois) le cinéma français, ce court-métrage est d’une très grande justesse. Une plongée dans l’amour, parfois bête qui nous a tous enivré à l’adolescence. On retiendra surtout le plaisir que l’on a de retrouver le personnage culte d’Antoine Doinel.

2 réponses sur « Antoine et Colette »

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