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Dans la brume

De la science-fiction française ! C’est le pari de Dans la brume, de Daniel Roby. Est-ce pour autant réussi ? Tentative de réponse…

Dans la brume

Affiche de L'armée des ombres.

🎬 Réalisateur : Daniel Roby (La Peau Blanche, Funkytown)
🎬 Casting : Romain Duris (L’auberge espagnole, L’île aux chiens), Olga Kurylenko (La Mort de Staline, L’homme qui tua Don Quichiotte), Fantine Harduin (Happy End, Adoration)…
🎬 Genre : science-fiction
🎬 Pays : franco-québécois
🎬 Sortie : 4 avril 2018 (France), 8 août 2018 (Québec)

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Synopsis : Un couple vit paisiblement à Paris avec sa fille qui est atteinte d’une maladie incurable appelée « la maladie du poisson rouge » qui la contraint d’habiter dans une bulle de verre géante. Un jour, une brume venant des égouts décime les passants. Ce phénomène inonde toute la capitale, la plupart des survivants étant coincés aux derniers étages des bâtiments et sur les toits. Au jour le jour, ils tentent de survivre malgré le manque de nourriture, d’électricité et d’informations. Le couple fait tout en son pouvoir pour sauver leur fille qui est restée dans la brume…

Lorsque que l’on regarde les films français les plus vus ces dernières années, on peut y ressentir une certaine morosité en y trouvant les Boon, Clavier, Adams et cie en haut de l’affiche. Le cinéma français ne serait devenu, au niveau populaire, qu’une simple collection de comédies bas de gamme ? Plus le temps passait, et plus nous en étions convaincu… Et puis l’année dernière débarquèrent Grave et Au revoir là-haut, deux films qui sortaient des sentiers battus et qui ont connus un certain émoi populaire, au point de se demander si notre cinéma national allait poursuivre une diversification. C’est dans cette ouverture qu’arrive Dans la brume, film SF comme il était devenu trop rare à cette échelle de par chez nous, projet entamé en 2011 et qui arrive enfin sur nos écrans. Le jeu en valait-il la chandelle ?

Il est intéressant, dans un registre dont nous sommes peu coutumier, d’observer les partis pris par la production. Ceux qui sont habitués aux yes man américains de l’industrie du grand spectacle pourront être quelque peu désarçonné par la véritable volonté créative de Daniel Roby. Profondément beau, dotés d’effets spéciaux quasi parfait, le film est taillé comme un vrai trip esthétisé, à la mise en scène réfléchie et éblouissante. Chaque plan semble parfaitement agencé pour offrir un vrai film qui prend aux tripes, un grand spectacle à l’identité visuelle transcendante. Le film est porté par un casting très juste, aussi bien Romain Duris qui, s’il n’expérimente pas plus que ça son jeu, a le mérite d’offrir une performance juste et émouvante, tandis qu’Olga Kurylenko, habitué aux films à grand spectacle, offre une vraie performance profonde et touchante. Ce duo arrive parfaitement à s’insérer dans cette univers aussi complexe qu’intriguant, et arrive à tenir le spectateur en haleine devant un tel spectacle.

Dans la brume

Si le film apparaît à première vue comme une vraie réussite, paradoxalement, la volonté affirmée de nous offrir un vrai film de genre français (volonté par bien des aspects mise en pratique) met en valeur les principaux défauts de l’oeuvre. Malheureusement handicapé par seulement 1h29 de film, Dans la brume s’appuye sur un scénario bancal, où l’introduction des personnages est trop simpliste pour ne pas les voir autrement que par leur fonction, et les péripéties trop inégales, alternant scènes intenses et scènes inutiles. Appuyant un peu trop sur les différents « macguffin » pour faire avancer une histoire finalement très prévisible, avant une terminaison totalement ratée, laissant son spectateur sur sa faim sans lui donner aucune explication pour empêcher de générer une frustration  finale. Cela met en lumière le principal problème du film : à trop vouloir bien faire en sortant des sentiers battus, Dans la brume oublie ses fondamentaux et finit par balbutier son cinéma. S’il est totalement injuste de penser que le film est mauvais (bien au contraire, le film reste plus qu’apréciable), il passe un peu à côté du film marquant, en ayant « les qualités de ces défauts).

En conclusion, Dans la brume est un bon moment de cinéma. Le film est relativement prenant grâce à une mise en scène réussie, portée par une photographie des plus sublimes (un immense bravo à Pierre-Yves Bastard) et un duo d’acteurs absolument incroyable, le film est malheureusement desservi par son scénario qui l’empêche de briguer le moment marquant et nous laisse au final un goût d’inachevé. Mais, face au pari que le film représentait, on peut se dire que finalement ce n’est peut-être pas si grave, et que si ce n’est pas un film marquant, on prend quand même un certain plaisir à le visionner.


Note

Note : 7 sur 10.

7/10

Dans la brume réussit le pari de nous offrir un film à couper le souffle visuellement et nous fait passer un bon moment de cinéma. Mais malheureusement trop limité par un scénario bancal et une fin ratée, il n’arrive pas s’imposer comme une vraie bonne surprise et un des grands films de ce début d’année.


Bande-annonce :

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2 réponses sur « Dans la brume »

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