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Epouses et concubines

Les coutumes chinoises pointées du doigt.

🎬 Réalisateur : Zhang Yimou

🎬 Casting : Gong Li; He Saifei; Cao Quifen

🎬 Genre : Drame

🎬 Pays : Chine, Taiwan, Hong-Kong

🎬 Sortie : Septembre 1991 (Mostra de Venise) ; 25 Décembre 1991 (France)

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Synopsis : À la mort de son père, Songlian, 19 ans, est contrainte d’abandonner ses études. Pour subvenir à ses besoins, elle se résigne à devenir la quatrième épouse du riche maître Chen. Arrivée dans la demeure de ce dernier, elle est aussitôt impliquée dans les luttes auxquelles se livrent les autres épouses.

Adaptation cinématographique du roman éponyme de Su tong, « Epouses et concubines » n’est certainement pas passé inaperçu lors de sa sortie. Lion d’argent à la Mostra de Venise en 1991 et nominé à l’oscar du meilleur film en langue étrangère l’année suivante Zhang Yimou permet au cinéma asiatique de se démarquer, une nouvelle fois, en Occident. Inutile de s’étaler sur la carrière du maitre. Arrivé tardivement dans le milieu du cinéma (à 27 ans) il réalise de nombreux chefs-d’oeuvres. Le sorgho rouge (1988), Judou (1989), Vivre! (1994), Hero (2002), Le secret des poignards volants (2004) pour n’en citer que 5. Accompagné de récits qui prennent place lors de périodes historiques Yimou reste le maitre du genre.

Yimou créé l’extase au visionnage de ses oeuvres. Notamment par la beauté de la mise en scène. Un cadrage mesuré et géométrique qui nous rappelle Fritz Lang. Cependant c’est en ajoutant à cela la culture chinoise. L’une de ses principales caractéristiques est d’utiliser un mélange de couleurs vives sans obstruer le spectateur. Chaque plan est un tableau, une oeuvre d’art que nul autre metteur en scène n’est capable de réaliser. Dans Judou déja, deux ans plus tôt, il utilisait les longs rubans de tissus pour tisser une incroyable fresque. Dans Epouses et concubines cela est partie remise. Cependant cette fois ci il n’utilise pas les rubans de tissus mais des lanternes et des vêtements. Yimou nous les montre immédiatement. Ces énormes lanternes rouges, qui permettent d’indiquer les désirs du maitre de maison, dicteront le récit. Chaque couleur à une signification en Chine. Le rouge symbolise la vitalité, la chance, c’est la couleur qu’on utilise le plus en Chine. Le noir indique les formalités. Le blanc, quant à lui, indique l’enterrement. Une couleur présente sur la robe de Songlian à son arrivée. Les couleurs mais aussi les sons orienteront le film. Le son des lanternes qu’on souffle pour les éteindre, ou alors le son du massage des pieds. Ces « banales » choses ont toutefois une place primordial puisqu’elles illustrent les privilèges, ou pas, dont les 4 épouses vont bénéficier. En utilisant une longue focale pour filmer les bâtiments dans lesquels les conflits vont s’opérer, Yimou permet à la demeure du maitre de maison d’exercer une sorte de pouvoir, de dictature aussi bien sur le spectateur que sur les protagonistes. A travers l’utilisation récurrente de la plongée lorsqu’il filme cette demeure, le metteur en scène insuffle un sentiment d’enfermement, d’emprisonnement. Sentiment qui s’avère confirmer puisque la position de la caméra, tout au long du récit, sera similaire à de nombreuses séquences. Songlian ne le sait pas encore, mais elle s’est jetée dans la gueule du loup. Ce « paradis », n’est qu’un véritable enfer. D’autant plus que les protagonistes sont souvent divinisés comme diabolisés. Les surcadrages permanents affirme cette pensée. Le maitre de maison, quant à lui, ne montre jamais son visage. Yimou utilise des plans larges afin de montrer l’étendue de ses pouvoirs lorsqu’il est présent dans la pièce.

Le maitre, les quatres concubines et les servant(e)s lors du repas.
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Songlian (Gong Li) et ses servantes.

Ce paradis matériel et visuel n’est qu’une illusion. La réalité en est tout autre. Malheureusement, faute d’argent, Songlian a été contrainte de devenir concubine. Le récit se déroule durant les années 30 en Chine. Les coutumes chinoises, chez les riches propriétaires, doivent impérativement être respectées. Des coutumes, que l’on ne les respecte ou pas, seront fatales pour chaque concubines. La première épouse, la plus vieille, n’aura pas un rôle primordial dans la récit. Yimou nous la présente comme une femme détruite, robotisée par le quotidien de sa vie depuis de nombreuses années. Les seuls mots qu’elle trouve à dire à Songlian lors de leur rencontre sont :  » C’est bien d’être instruite. Vous apprendrez nos coutumes. Soyez proches de vos soeurs. Servez bien le maitre. » Une vie réduite à servir un maitre. Les autres épouses, qualifiées de soeurs, seront enfaite les pires ennemies de Songlian. Commérage, hypocrisie et trahison. Tout cela est mit en oeuvre afin de s’accorder les privilèges éphémères de la femme que le maitre choisi pour passer sa nuit. La fin justifie les moyens. La femme n’est qu’un objet avec lequel on se diverti, un animal qu’on nourri. Tout êtres vivants excepté un être humain. Ce film ne pose aucun problème au gouvernement Chinois puisque les riches propriétaires et leurs coutumes ont été banni depuis la révolution de 1949. Yimou démontre, à travers cette oeuvre, l’affreuse vie qu’une concubine menait et valide l’abolition de ces méthodes. Il dénonce, une nouvelle fois, tout comme dans Judou ou Vivre!

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Le maitre et Songlian.
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Le maitre et son fils.
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La deuxième épouse (à gauche) et Songlian.

NOTE :

Note : 9 sur 10.

9 / 10

Epouses et concubines est un exemple. Une démonstration de toutes les qualités de Yimou. Mise en scène mature et irréprochable à travers un huit-clos palpitant. Gong Li est sublimée. Le scénario est dynamique et pourtant les dialogues sont loin d’être excessif. Yimou accorde aux objets, à l’espace, le soin d’être les chefs-d’orchestres de cette effrayante symphonie. Que dire de plus si ce n’est que c’est probablement sa meilleure réalisation.


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