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Jeanne Dielman, 23, Quai du Commerce, 1080 Bruxelles

Le plus grand film de Chantal Akerman

Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles: affiche

🎬 Réalisatrice: Chantal Akerman

🎬 Casting: Delphine Seyrig, Jan Decorte

🎬 Genre: Drame

🎬 Sortie: 21 janvier 1976

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Synopsis: Dans son petit appartement, Jeanne Dielman, veuve et mère d’un jeune adolescent, est enfermée dans une vie ritualisée par la banalité du quotidien. Mais un jour, tout vient s’effondrer…

Considérée comme l’une des figures majeures du cinéma moderne, Chantal Akerman a marqué le cinéma international avec sa singularité, son inventivité et sa radicalité dans ses nombreux films. En 1975, elle réalise un petit bijou, Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles avec comme actrice principale, la grande Delphine Seyrig.

Jeanne Dielman est une femme dont la vie est rythmée par un quotidien qui ne cesse inlassablement de se répéter. La réalisatrice nous rend spectateur de la vie d’une veuve, qui se prostitue sur rendez-vous pour arrondir ses fins de mois et qui vit seule avec son fils dans un petit appartement au cœur de la capitale Belge dans les années 70. Pendant plus de trois heures, la caméra de la cinéaste scrute les faits et gestes de cette femme qui semble être prise au piège dans un mécanisme de vie réglé avec minutie. Mais peu à peu, ce mécanisme se dérègle, l’angoisse prend alors le dessus et Jeanne Dielman finit par ne plus savoir quoi faire. Le simple fait qu’elle soit en avance, lui fait perdre tout équilibre et elle finira par commettre, un geste désespéré mais qui sera pour elle, une forme de libération. Pour se mettre dans la peau de cette femme, la réalisatrice choisit la très talentueuse Delphine Seyrig dont la performance est ici grandiose.

Jan Decorte and Delphine Seyrig dans 'Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles' (1976)

Pour mettre en scène tout ça, les plans fixes se succèdent, ce qui enferme la protagoniste et la rend en quelque sorte prisonnière de son quotidien.  Nous pouvons également constater qu’il n’y a aucun gros plan ou plan rapproché, il n’y a qu’une succession de plans larges, ce qui instaure une distance entre le personnage et le spectateur et laisse ainsi le spectateur comme un simple témoin pour peut-être susciter la réflexion chez ce dernier. Ce long-métrage est également un film assez lent, car le film est (presque) tourné dans sa durée réelle, mais cela est loin d’être dérangeant car c’est la lenteur du temps qui s’écoule qui caractérise la vie de cette femme.

Dans ce film, Chantal Akerman nous expose ce qu’elle a vu durant toute son enfance et met donc en scène, la condition féminine de l’époque, en nous montrant le train de vie de ces femmes rythmé par la banalité du quotidien et par un « rituel » subi pour de nombreuses d’entre-elles. Avec Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles, la très jeune cinéaste a laissé son empreinte dans le septième art avec un long-métrage expérimental et novateur qui inspire encore aujourd’hui, les plus grands dans le monde du cinéma.

Delphine Seyrig dans 'Jeanne Dielman, 23, Quai du Commerce 1080 Bruxelles'

Note

Note : 10 sur 10.

10/10

Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles est un film novateur mais également fondateur dans l’histoire du cinéma. Dans ce dernier, Chantal Akerman expose la vie d’une femme coincée dans un quotidien ritualisé et Delphine Seyrig nous offre ici, une grande performance dans un film que nous ne sommes pas près d’oublier.

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