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La décennie de… Le Coin du Bis

Une décennie qui s’achève, c’est un morceau de cinéma qui s’envole : retour avec Le Coin du Bis sur ce qui l’a marqué durant cette décennie.

Une décennie qui s’achève, c’est aussi une décennie de cinéma qui a réservé ses chefs-d’œuvre et ses déceptions. Réalisateurs, journalistes, vidéastes… Retrouvez durant le mois de janvier les témoignages de ceux qui ont vécu 10 années riches en enseignements.

Le coin du bis

Le Coin du Bis est une chaîne Youtube tenu par un des ex-gérants d’un des derniers vidéoclubs, axé notamment sur (vous l’aurez) le cinéma bis !


5 coups de cœur ?

Scott Pilgrim (Edgar Wright – 2010)

L’un des rares films instantanément cultes de la décennie. Croisement parfait entre les univers de la BD, du cinéma et du jeu vidéo, Scott Pilgrim enchaine les clins d’œil et les références tout en étant paradoxalement assez inclassable. La mise en scène dynamique et millimétrée d’Edgar Wright donne lieu à des trésors d’inventivité et il n’est pas rare de découvrir de nouveaux détails cachés au bout du cinquième ou sixième visionnage ! Drôle, euphorisant, jubilatoire… un sans-faute. Je suis prêt à prendre le pari que le film suivra la même voie que celle du Rocky Horror Picture Show en son temps (le film est régulièrement projeté dans des séances spéciales costumées pleines à craquer)…

Black Swan (Darren Aronofsky – 2010)

Un peu oublié dans les classements, ce quatrième film de Darren Aronofsky a pourtant de beaux restes. Entre la performance oscarisée de Nathalie Portman, la fabuleuse réorchestration du Lac des Cygnes par Clint Mansell et le soin apporté aux détails (guettez bien où sont placées les couleurs blanches, noires et roses), difficile de ne pas y trouver son compte. Beaucoup plus proche d’un Perfect Blue que des Chaussons Rouges auquel on le compare souvent, Black Swan est un grand film sur la quête de perfection et les dégâts que cela engendre si le lâcher prise ne fait pas partie de l’équation. Les 20 dernières minutes continuent de me coller des frissons 9 ans plus tard.

Once upon a time… in Hollywood (Quentin Tarantino – 2019)

Œuvre somme d’un artiste qui n’a cessé de questionner l’histoire du cinéma avant de se frotter à la grande (Inglorious Basterds, Django Unchained), Once upon a time… nous plonge dans le Hollywood de 1969, année charnière à plusieurs niveaux, où les histoires vont s’écrire dans la douleur. Rempli de références plus discrètes qu’à l’accoutumée et proposant de multiples niveaux de lecture, le film déconcertera certainement les fans en quête d’histoires de vengeance et de violence brute. Les autres verront un Tarantino apaisé, moins bavard qu’à l’accoutumée, qui désamorce avec soin les attentes du spectateur pour mieux déclarer son amour à une époque révolue. Porté par un casting impeccable, Once upon a time in… Hollywood est un chef d’œuvre où la nostalgie a, pour une fois, quelque chose de constructif.

The Neon Demon (Nicolas Winding Refn – 2016)

Si j’adore Nicolas Winding Refn et son côté sale gosse provocateur, ses films me laissent parfois assez dubitatif. Cela n’a pas été le cas ici : The Neon Demon m’a collé une claque qu’il m’est toujours difficile d’oublier… Ultra léché esthétiquement et encore une fois doté d’une mise en scène chirurgicale, le film laissera probablement plus d’un spectateur sur la touche là où les autres plongeront dedans pour ne plus jamais en sortir. Rempli de symboliques et d’éléments à décoder, le film ne se laisse pas apprivoiser facilement et se révèle au final bien plus complexe et pervers qu’il n’y parait (à l’image de son héroïne faussement fragile).

Mad Max Fury Road (George Miller – 2015)

La perfection. Cinq ans après, chaque scène ou presque est encore dans nos mémoires et aucun film sorti depuis ne lui arrive à la cheville en terme de folie, d’action et de lisibilité. Avec un pied dans le passé (les cascades à l’ancienne) mais un regard clairement tourné vers l’avenir (le film est ouvertement féministe), Mad Max Fury Road est une date dans l’histoire du cinéma, un film total qui a renvoyé illico toute la concurrence à l’âge de pierre.


5 déceptions ?

Prometheus (Ridley Scott – 2012

Birdman ( Alejandro González Iñárritu – 2014)

Rambo : Last Blood (Adrian Grunberg – 2019)

The Disaster Artist (James Franco – 2017)

N’importe quel Tim Burton.


Le film de la décennie destiné à devenir culte ?

Quiconque s’est déjà retrouvé sur un tournage amateur de film d’horreur ne peut que jubiler devant la merveille absolue qu’est Ne Coupez Pas / One cut of the dead ( Shin’ichirô Ueda – 2017). Brillamment pensé et doté d’un nombre de niveaux de lecture vertigineux, c’est LE film par excellence dont il vaut mieux ne rien savoir à l’avance. Immense déclaration d’amour au cinéma Z bricolé par des passionnés et comédie tordante sur les aléas de la réalisation, ce film mérite amplement son excellente réputation. Jetez-vous dessus !


Le fait marquant de la décennie ?

L’omniprésence de suites, reboots, prequels, remakes et autres films faciles que l’on oublie aussitôt sorti de la salle. Si la décennie a malgré tout été riche en belles découvertes, j’ai le sentiment que l’écart entre le grand public et le cinéma d’auteur se creuse de plus en plus.

L’arrivée de Netflix et le changement des modes de consommation que cela implique – le plus souvent pour le pire.

Weinstein devant le tribunal: Hollywood libère sa parole et sort enfin les poubelles… A quand la même chose en France?


La bande originale de la décennie ?

Django Unchained (Quentin Tarantino – 2012)


Une photo pour résumer la décennie ?

Mad Max : Fury Road | Tom Hardy

Merci au Coin du Bis pour ses réponses. Vous pouvez le retrouver sur Youtube, sur Twitter, ainsi que sur Facebook.

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