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La Poursuite Impitoyable

Reflet de l’Amérique profonde des années 60 marquée par la violence et le racisme.

🎬 Réalisateur : Arthur Penn

🎬 Casting : Marlon Brando, Robert Redford, Jane Fonda, Angie Dickinson

🎬 Genre : Drame

🎬 Pays : Etats-Unis

🎬 Sortie : 17 Février 1966 (Etats-Unis), 15 Septembre 1966 (France)

Synopsis : Le film met en scène une petite ville du Texas où méfiance, indiscrétions et adultère vont bon train. Tout le monde en ville pense que le shérif Calder travaille pour Val Rogers, un magnat du pétrole. Quand on apprend que le bandit local Bubber Reeves vient de s’évader du pénitencier où il était enfermé, chacun préférerait que ce dernier soit capturé plutôt mort que vif. Après quelques péripéties, Reeves finit par revenir un soir de fin de semaine où, dans un climat de débauche et de beuverie, son évasion tourne au drame. Calder devra faire l’impossible pour éviter que Bubber ne soit lynché. 

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Réalisé un an avant Bonnie & Clyde, La Poursuite impitoyable n’a pas suscité l’engouement qu’il méritait lors de sa sortie. Véritable précurseur du Nouvel Hollywood, Arthur Penn reste une référence dans le cinéma américain. Ses œuvres, intemporelles, sont ancrées dans les esprits de chacun grâce à leur faculté d’innover, que ce soit dans la mise en scène, dans les thèmes traités ou dans la mise en forme narrative. En 1966, Arthur Penn n’est, pour l’instant, pas un réalisateur de premier plan à Hollywood. La Poursuite impitoyable s’avérera être une véritable pépite tant dans la filmographie d’Arthur Penn, que dans l’histoire du cinéma américain. Doté d’un casting hors du commun (Brando, Redford, Jane Fonda) cette oeuvre est d’une puissance émotive rarement vue, notamment grâce à la façon dont Penn met en scène la violence, d’un réalisme saisissant. Ce long-métrage dénonce les travers de l’Amérique profonde qui se résument par la violence, le racisme, l’hypocrisie, l’alcool et l’injustice.

La première séquence du film nous présente Bubber Reeves, un petit voyou de sa ville natale en cavale avec un autre détenu. Ce dernier commet un meurtre et laisse Bubber sur place en s’appropriant la voiture de la victime. Reeves est accusé et son compagnon le trahit. C’est la première injustice. Penn ne tarde pas à nous montrer dans quelle atmosphère les personnages vont évoluer. Par la suite le décor continue d’être planté. La ville et ses habitants nous sont présentés. Un shérif, Calder, un riche homme d’affaires, Val Rogers, envié par tous et son fils puis Anna, femme de Bubber. Pour l’instant, rien à signaler, les habitants vivent tranquillement et le spectateur s’imagine alors des petits citoyens américains exemplaires. Cependant, la ville est rapidement mise au courant de la situation de Bubber. La façon dont Penn met en scène la propagation de l’information nous montre que les commérages sont monnaie courante dans cette petite ville. Marlon Brando incarne un homme différent des habitants. Honnête, fidèle à ses principes, il ne supporte plus sa situation et souhaite s’acheter une ferme afin de vivre à l’écart. Les mensonges et l’hypocrisie sont présents dans chaque interaction entre les personnages. La vérité est une denrée rare.

Copyright Columbia Pictures
(De gauche à droite) Lem, un habitant, Slim, Shérif adjoint et Calder le Shérif (Marlon Brando)

Durant 120 minutes, la tension ne fait qu’augmenter crescendo. La simple soirée du samedi soir se transforme en chasse à l’homme lorsque l’on apprend que Bubber est revenu à proximité de la ville. Une maîtrise de la tension absolument parfaite, dont Arthur Penn mérite d’être encensé. On pourrait caractériser le film comme un « western Hitchcokien ». D’autant plus que Sam Spiegel, le producteur du film, n’a pas laissé à Penn les clés du montage. Les gros plans occupent la majeure partie du film de façon à ce que le spectateur soit asphyxié par cette atmosphère hypocrite et mensongère qui règne. Val Rogers, quant à lui, fête son anniversaire. De nombreux riches y sont conviés. Chacun des invités ne ratent pas une seule occasion d’étaler sa richesse, dénonciation d’un matérialisme omniprésent. Il est important d’insister sur les mensonges. En effet, chaque version des faits change entre chaque citoyen. Le récit progresse et les réelles personnalités des personnages se dessinent. Les actes de ces derniers contredisent leur parole. La ville déborde de racisme, toutes les excuses sont bonnes pour passer à tabac les afro-américains.

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Calder (Brando)

Bubber s’était fait accuser de nombreuses fois, à tort. Victime d’injustice toute sa vie, il porte sur lui les fautes des habitants. Symbolique. Effectivement, Calder, immédiatement après avoir été informé de l’évasion de Bubber, s’est montré très clément avec lui. Il veut l’aider. Il souhaite faire éclater la vérité, montrer que le réel problème n’est pas Bubber Reeves. Penn n’hésite pas à pointer du doigt l’autorisation du port d’armes. Chaque citoyen possède une arme à feu, leurs intentions n’en sont que meurtrières. Les scènes de violences sont mémorables. La séquence où Brando se fait passer à tabac illustre l’idiotie des américains. Cette séquence est sans aucun doute « choquante ». En effet, le lynchage n’est en aucun cas justifié : de la violence gratuite d’un réalisme admirable. Penn avait demandé aux acteurs de se frapper au ralenti. Les prises ont ensuite été accélérés. Une ruse rondement menée.

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Calder passé à tabac.

Les seuls personnages qui semblent échapper à cette idiotie sont Anna et Jake Rogers, le fils de Val. Ne supportant plus cette ambiance malhonnête ils se rendent à l’hôtel. Anna et Jake entretiennent une liaison. Les habitants sont persuadés que Bubber tuera Jake. Fausse piste.

NOTE :

8,5/10

Note : 8.5 sur 10.

N’étant pas considéré comme un « classique », La Poursuite Impitoyable reste méconnu. Un pari risqué par Arthur Penn et un sujet « tabou » abordé, celui d’une réalité ignorée par les américains à l’époque. Heureusement, ce film pointe du doigt leurs travers et incite à se remettre en question. Une maîtrise parfaite de la mise en scène porté par un magnifique casting. La prestation de Brando reste mémorable. Cette oeuvre reste essentielle dans la filmographie de Penn. Ce film ne cesse de surprendre, et les émotions éprouvées lors du visionnage sont puissantes.

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2 réponses sur « La Poursuite Impitoyable »

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