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La Princesse de Montpensier

Retour sur le dernier film historique de Bertrand Tavernier, inspiré de la célèbre nouvelle de Madame de Lafayette.

Affiche, La Princesse de Montpensier

🎬 Réalisateur: Bertrand Tavernier

🎬 Casting: Mélanie Thierry, Gaspard Ulliel, Lambert Wilson (De Gaulle) , Grégoire Leprince-Ringuet, Raphael Personnaz, Michel Vuillermoz, Philippe Magnan

🎬 Genre: Drame historique

🎬 Sortie: 3 novembre 2010

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Synopsis: 1562, la France est sous le règne de Charles IX, les guerres de religion font rage…Depuis son plus jeune âge, Marie de Mézières aime Henri, Duc de Guise. Elle est contrainte par son père d’épouser le Prince de Montpensier. Son mari, appelé par Charles IX à rejoindre les princes dans leur guerre contre les protestants, la laisse en compagnie de son précepteur, le Comte de Chabannes, loin du monde, au château de Champigny. Elle tente en vain d’y oublier sa passion pour Guise, mais devient malgré elle l’enjeu de passions rivales et violentes auxquelles vient aussi se mêler le Duc d’Anjou, futur Henri III.

La Princesse de Montpensier est un long-métrage du réalisateur, scénariste, producteur et écrivain Français, Bertrand Tavernier. Il a été présenté en compétition à la sélection officielle du Festival de Cannes en 2010 et récompensé à la 36ème cérémonie des César où le film obtient le César des meilleurs costumes. L’histoire est basée sur la célèbre nouvelle de Mme de Lafayette, dont l’action se déroule au XVIème siècle. 

Le film débute par un carton, pour que le spectateur sache durant quel moment historique se déroule l’histoire. Puis le film s’ouvre sur un champ de bataille, avec un plan filmé en travelling à ras du sol sur les nombreux cadavres . Puis dans la scène suivante, nous apercevons un des personnages principaux du film, le comte de Chabannes, qui va voir sa vie et sa vision des choses changer, lorsqu’il va prendre conscience de la barbarie du crime de guerre qu’il a commis. Ici, le réalisateur nous montre le désordre provoqué par ces crimes et comment cela va changer le destin de ce dernier.

La Princesse de Montpensier : Lambert Wilson, Mélanie Thierry
©StudioCanal

L’histoire de ce long-métrage tourne autour des relations entre les personnages. Promise au départ au duc de Maine, Mlle de Mézières (nom de jeune fille de la princesse) est éprise du duc de Guise. Nous voyons cette passion amoureuse déjà se manifester au début du film par des gestes, des mots et de nombreux plans rapprochés pour montrer cette proximité. La princesse sera finalement obligée de se marier avec le prince de Montpensier, car un accord a été conclu entre les deux familles. La scène se poursuit avec une violente altercation entre la princesse et son père après l’annonce de ce mariage. Contrairement à la nouvelle, Marie refuse de se marier avec un homme qu’elle n’aime pas et s’oppose à cette union malgré le fait qu’elle n’ait aucun droit sur cette décision. Dans cette séquence , le cinéaste nous livre une vision réaliste de la situation de la femme au XVIème siècle, celle-ci est seulement vu comme un objet que l’on s’échange pour des accords entre familles. Mlle de Mézières est donc mariée au prince et devient alors, la Princesse de Montpensier. Durant la cérémonie du mariage, pour montrer cette absence de joie et de sentiments, le réalisateur décide de faire de nombreux plans fixes sur Marie. Quant au personnage de Chabannes, il a pour rôle de lui apprendre certaines choses, comme le latin, il va également devenir le confident de la princesse et très vite tomber amoureux de cette dernière. Il lui avouera même ses sentiments, mais elle va décider d’oublier ces aveux, ce qui blessera le comte. Pour finir, le dernier personnage avec qui la princesse va faire connaissance est le duc d’Anjou, pendant la scène de la barque. Tout de suite, la beauté de la princesse attire le regard du duc et pour nous montrer ce coup de foudre, Bertrand Tavernier à décidé d’insister sur le regard des deux personnages, avec des plans alternés. 

La Princesse de Montpensier :  Grégoire Leprince-Ringuet, Lambert Wilson, Mélanie Thierry, Michel Vuillermoz 
©StudioCanal

Dans ce film, nous pouvons constater un beau jeu d’acteurs de la part de Mélanie Thierry, qui incarne la princesse avec caractère mais également avec une grande sensibilité. De Gaspard Ulliel dans le rôle d’un amant avec un tempérament assez violent, de Lambert Wilson dans la peau d’un homme discret mais à l’écoute de celle qui l’aime et de Raphaël Personnaz dans le personnage du prétentieux duc d’Anjou. Quant à l’acteur Grégoire Leprince-Ringuet, son jeu est assez décevant. Malheureusement, l’acteur récite son texte sans donner vie à celui-ci. De plus, son personnage ne reflète pas l’image que l’on se fait du prince dans le livre. Malgré un rythme assez lent qui peut rendre certaines scènes assez ennuyeuses, ce long-métrage nous offre un vrai retour dans le temps, avec de très beaux costumes et de merveilleux décors. 

Contrairement à la nouvelle, le film ne se finit pas avec la mort de Marie. Dans cette dernière scène, nous y voyons la princesse, devant la tombe du comte de Chabannes, habillée avec une robe aux couleurs sombres. Cette histoire se termine donc avec ces quelques mots:

« Comme François de Chabannes s’était retiré de la guerre, je me retirais de l’amour. La vie ne serait plus pour moi que la succession des jours. Et je souhaitais qu’elle fût brève puisque que les secrètes folies de la passion m’étaient devenues étrangères. »

La Princesse de Montpensier

Ainsi, La Princesse de Montpensier est une bonne adaptation de la célèbre nouvelle de Madame de Lafayette et Bertrand Tavernier a choisi de reprendre les éléments principaux en y ajoutant une vision moderne. C’est un film dont l’histoire tourne autour d’une intrigue amoureuse bien construite malgré ses nombreux défauts qui ne permettent pas à ce long-métrage de devenir une oeuvre marquante.

La Princesse de Montpensier : 
©StudioCanal

Note : 7.5 sur 10.

7,5/10

La Princesse de Montpensier reste malgré ses lacunes, un bon film avec de grands acteurs/trices et une histoire bien construite qui a su rester fidèle à l’oeuvre originale.

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