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Le bilan mi-2020 de Ciné Maccro

Petit bilan de la moitié d’année 2020, avec le film le plus marquant pour les rédacteurs de Ciné Maccro !

Six mois en arrière, les cinéphiles de tous bords se félicitaient d’une année 2019 cinématographiquement riche. Il fallait donc bien un retour de bâton, qui fut asséné par un « petit » virus, qui a conduit à la fermeture de nos chères salles de cinéma et au report de films très attendus.
Mais point de défaitisme ! Tout n’est pas à jeter dans cette année 2020, et les rédacteurs de Ciné Maccro vous le prouvent par ce bilan, livrant chacun ce qui est pour eux LE film à retenir de cette moitié d’année 2020 qui restera dans les annales.

Antoine

Play

Dans un cinéma français où les productions humoristiques à grosse portée n’ont eu de cesse, ces dernières années, de décevoir, Play d’Anthony Marciano fut, au début de 2020, une lucarne de fraîcheur.

Si le concept du film peut paraître simple de prime abord, c’est que le réalisateur digère habilement ses inspirations pour en faire une oeuvre du cœur, portée par son humanité et par un casting réglé. C’est là que le film brille ; loin des conventions marketing, Play est un film par lui-même, pour lui-même.

Une vraie oeuvre déchirante, un conte humain qui redonne foi en la vie, un film qui rappelle la beauté du cinéma dans son sens le plus pur.

La critique du film

Thomas

Nina Wu

Emprunter la longue route de la cinéphilie, c’est s’ouvrir aux grands chefs-d’oeuvre d’un art plus que centenaire ; mais c’est aussi le plaisir de voir s’arrêter sur notre chemin des oeuvres imparfaites mais à l’énergie artistique débordante. Nina Wu est de celles-ci.

Sélectionné à Un Certain Regard à Cannes 2019, le cinquième film de Midi Z se présente comme une attaque acerbe contre une industrie cinématographique réifiante et amorale ; la forme, rejoignant le fond, enferme ainsi le personnage principal dans un monde déshumanisé, erratique, d’une froideur clinique.

Et si l’on regrettera que le film ne tienne pas jusqu’au bout ses promesses, l’audace du film, la folie furieuse de son personnage, l’impudence de son réalisateur, en font une oeuvre imparfaite mais néanmoins marquante. Chose qui fut malheureusement rare en ce début d’année.

Notre critique du film ici.

Patrick

The Hunt

Pour les déviants dont l’auteur de ces lignes fait partie, The Hunt est à la limite du miracle qu’on attendait plus. Petit bijou d’humour noir, le film se débarrasse de ses potentiels héros comme il se débarrasse de ses chaussettes avant un 5 à 7 brûlant. Conscient d’arriver après Les chasses du Comte Zaroff et en plein dans un contexte politique américain compliqué, The Hunt prend le parti de s’en amuser, en mettant dans le camp des victimes, les chantres du « On peut plus rien dire », et en leur opposant leur ennemi de toujours, les « Progressistes ».

Jeu ironique qui dévie forcément en jeu de massacre, The Hunt n’oublie pas de rester fun et nous met en avant une Betty Gilpin, jusque là plutôt inconnue, qui devient un personnage fascinant et pétrie de tics qui ne manqueront pas de marquer le spectateur.

Là où il y a de l’humour noir, il y a de l’espoir, et The Hunt ne se garde jamais de nous le rappeler.

Ophélie

1917

Composé de véritables plans séquences, il a été promu comme tel au détriment de ses autres aspects, se servant de cette technique de réalisation comme d’une attraction, au lieu de défendre son intérêt scénaristique. Sam Mendes propose alors sa propre vision du film de guerre/survival movie dont il est certain qu’une idéalisation et une romantisation à la limite du glamour étouffent la dureté et la réalité de la première guerre mondiale.

Trop propre, trop clair, trop beau sans doute, 1917 offre un point de vue lisse et optimiste à l’une des guerres les plus sales et sanglantes, se reposant sur une seule scène visuelle et onirique : celle des ruines. Le point fort de ce long-métrage reste sans nul doute son utilisation de la musique, véritable acteur d’ambiance et immersif et on appréciera l’écho de la première et de la dernière scène, symbolisant la fin d’une course contre la montre – et la mort -.

1917 manque de profondeur mais propose une nouvelle facette de la guerre : intéressant mais pas renversant.

La critique du film

Paul

Séjour dans les Monts Fuchun

Il y a de ces films qui nous touchent là où l’on ne les attend pas, des œuvres dont l’amour qui s’en dégage brise toutes nos réticences. Séjour dans les monts Fuchun, premier film pour le jeune réalisateur chinois Gu Xiagoang, est définitivement de ceux-ci.

Courte balade au sein d’une modeste famille chinoise, le long-métrage est aussi et surtout un formidable exercice de style, dans lequel le jeune auteur en devenir parvient à encapsuler toute une société, à travers le portrait sans fards de quelques protagonistes. La caméra de Xiaogang étonne par sa puissance, par sa capacité à allier le mouvement et la pause, afin d’observer avec mélancolie un territoire broyé par l’urbanisation. Le chemin plutôt linéaire des personnages trouve donc dans cette démarche tout son sens. Ces derniers auront beau avancer comme ils le peuvent, le reste du monde ne les attendra pas et continuera inlassablement son entreprise de destruction du passé.

La fresque que déploie son cinéaste est finalement à l’image du fleuve qui longe les monts éponymes : apaisante, parfois longue et attendue, mais toujours juste dans ses finalités.

Kilian

La Bonne Epouse

Bien qu’inégal, La Bonne Épouse de Martin Provost reste une comédie pétillante et pleine de douceur. Le film est porté par Juliette Binoche, Yolande Moreau et l’hilarante et déjantée Noémie Lvovsky, qui doivent reprendre en main une institution formant les bonnes ménagères de demain.

La Bonne Épouse traite avant tout d’émancipation et de sororité, nous présentant des femmes qui, en pleine période de libération des mœurs, se libèrent de l’autorité et de la domination masculine, remettant en cause leurs propres perceptions et actions dans cette société inégalitaire. La présence d’Edouard Baer au casting, qui s’efface au profit des comédiennes principales, apporte une touche bienvenue de décalage et de bienveillance.

Malgré des faiblesses en ce qui concerne le traitement de certains personnages secondaires notamment, le film possède de nombreuses fulgurances, en particulier son final d’une grande puissance, et parvient aussi bien à nous faire rire qu’à nous émouvoir.

A consommer sans modération.

Nils

Jojo Rabbit

Faire un film traitant de la guerre du point de vue d’un enfant n’est jamais chose aisée, encore moins quand celui ci a pour ami imaginaire Adolf Hitler. Taika Waititi réussit son pari en nous livrant un conte beau et touchant au sein du royaume de l’innocence et de l’enfance.

Ce film aborde des thèmes lourds, parfois malsains, mais avec une simplicité et un humour déconcertants. L’absurdité d’une idéologie y est critiquée certes, mais le film va plus loin, il nous rappelle surtout que ce sont les vieux qui déclarent la guerre et les jeunes qui la font.

La critique du film

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