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Le Duel #30 : Zack Snyder’s Justice League

Ultime sauvetage ou naufrage complet : la Snyder’s Cut n’a pas fait l’unanimité. Nils et Paul opposent leur avis.

Le Duel est une rubrique en partenariat avec Le Drenche. Chaque samedi ici, deux rédacteurs de Ciné Maccro confrontent leur avis, positif ou négatif, sur un film !


LE POUR

Nils

Snyder Cut : l’attente valait le coup

Cela fait environ un an que la Zack Snyder’s Justice League a été annoncée, tenant sur ses épaules tout l’avenir et la légitimité de l’Univers cinématographique DC, mais le pari est-il réussi ? Il semble que oui.

Pour commencer, ne soyons pas dupes, la qualité du film repose en majeure partie sur du fan-service, une simple mention du personnage de J’onn J’onzz, également nommé Martian Manhunter, et ce sont tous les connaisseurs de comics et de l’univers DC qui se lèvent d’un bond en remerciant Zack Snyder, c’est bien évidemment mon cas.

Mais ce film regorge de qualités insoupçonnées qui étaient totalement absentes de la première version de Justice League. Ici nous sommes dans la continuité de Batman v Superman, c’est-à-dire un univers sombre et adulte. C’est l’une des plus grandes qualités de ce film, l’ambiance est sombre et le film prend son temps. Un temps nécessaire pour le développement des personnages qui est très réussi, notamment pour Barry Allen (Flash) et Victor Stone (Cyborg). Ces personnages ont parfois complètement changé par rapport à la version précédente, et en bien, on se retrouve alors avec un antagoniste qui est charismatique et des héros très intéressants et plus profonds que dans certains autres films de super-héros.

L’intrigue quant à elle est très bonne, le recrutement par Bruce Wayne (Batman) des différents membres de la League, les combats très bien chorégraphiés et la résurrection de Super Man quasi christique permet de mettre en place un film qui malgré sa longueur de quatre heures passe très vite. La mise en scène autour de plusieurs intrigues se déroulant en même temps et autour des différents pouvoirs des héros est également facile à suivre et nous offre un film d’action et de super-héros plus qu’efficace.

Techniquement le film n’est pas le bouilli numérique dont on aime se moquer, oui tout est fait sur fond vert, mais proprement, nous offrant alors de grandes scènes qui auraient pu être ratées mais qui finalement sont jolies à voir. Le tout prend forme avec cette musique très bien intégrée, mention spéciale pour le thème de Wonder Woman qui est très efficace et presque déjà culte. 

Finalement Zack Snyder’s Justice League est un très bon film de super-héros qui est généreux, rempli de bravoure, avec des personnages et une intrigue solide et qui parvient à nous faire adhérer à cet univers qui mériterait encore d’être prolongé.


LE CONTRE

Paul

Justice League ou l’impossible sauvetage

Après l’odieux monstre de Frankenstein que fut la version de 2017, Justice League refait son apparition sur nos petits écrans, dans un nouveau montage censé réparer la vision originelle de Snyder. Mais, en dépit de cette promesse inespérée, une question se pose : comment transformer une des œuvres les plus irregardables de la dernière décennie en un exercice un tant soit peu réussi ?

En effet, plus que d’être simplement le résultat d’un tournage catastrophique après l’intervention de Joss Whedon, le projet même avait fait l’objet d’une refonte complète de son script, suite aux critiques assassines autour de Batman V Superman. Dès lors, malgré tous les efforts de Snyder et les deux heures ajoutées par cette director’s cut, difficile de ne pas voir sa Ligue des Justiciers comme un projet déjà condamné d’avance, symbole d’une industrie moderne qui n’obéit plus aux visions d’un auteur, mais à de simples chiffres.

Par conséquent, Justice League semble finalement bien éloigné de l’humanisme de Man Of Steel ou de la noirceur et des questionnements moraux de Batman V Superman. Ne tentant ici que de produire un grand spectacle, qui confond pyrotechnie avec enjeux, le long-métrage est en perpétuelle quête d’ampleur ou d’identité, oscillant constamment entre une caricature déprimante du style de son auteur, dont les ralentis ne deviennent plus que de vains soubresauts esthétiques, et un fan-film interminable, brassant inutilement un futur avorté pour susciter la curiosité morbide de son public.

Pourtant, au milieu de ce manège défectueux, Snyder retrouve de temps en temps le caractère opératique de ses deux précédentes réalisations. A la faveur d’un vol de Superman, d’une course désespérée de Flash ou d’un regard meurtri de Cyborg, l’auteur effleure du bout des doigts le grandiose que son film nous avait tant promis, capturant enfin la gloire de ses dieux qu’il admire. Un grandiose qui, malheureusement, ne se fera que sur les restes d’une œuvre morte-vivante, destinée à n’être que le brouillon d’un projet plus grand, plus fou, mais malheureusement avorté.

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