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Le génie de The Batman

Le premier film qui comprend profondément qui est Batman.

🎬 Réalisateur: Matt Reeves

🎬 Casting: Robert Pattinson, Zoë Kravitz, Paul Dano, Jeffrey Wright

🎬 Genre: Thriller, Action

🎬 Sortie: 2 Mars 2022

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Synopsis : Voilà deux ans que Bruce Wayne revêt l’armure du Batman. Mais sa légende, fragile, est mise à rude épreuve alors que le Sphynx fait son apparition, jurant de faire sombrer Gotham dans les ténèbres…

Il est difficile de le nier : à chaque nouvelle adaptation de Batman au cinéma, le film prend trop de place. Tout le monde a son avis dessus et part dans les extrêmes. Ce que je trouve le plus intéressant avec cet opus piloté par Matt Reeves, c’est la nuance qu’il apporte à son personnage dans un récit qui lui, en fait des tonnes. Spoilers Alert.

Une Adaptation qui se démarque

Tout évoque ici Batman. Gotham City est plus sombre, le personnage torturé, la lumière gothique aux allures de macabre, c’en est presque une check-list. Mais en toute honnêteté, ce The Batman est je pense la première vraie retranscription de ce qu’est l’univers du personnage au cinéma, une adaptation certes ancrée dans un réel moins décalé que les comics, mais tout de même absolument exhaustive de la nature profonde de l’œuvre de Bill Finger.
Façonner le film comme une traque policière structurée en plusieurs meurtres et énigmes est une idée déjà beaucoup traitée (voire trop) par d’autres films très intelligents dans ce registre. Seven et Zodiac de David Fincher sont passés par là et sont brandis comme inspiration par la production. C’est de vous à moi la meilleure idée qu’ils pouvaient avoir. Batman est un personnage qui fonctionne parce qu’il agit dans une ville impossible à sauver, où le seul moyen de combattre le crime est de se jeter dans la boue, faire corps avec le mal et utiliser la peur comme seule arme quand les poings ne suffisent pas. Ici, la ville et ses crimes sont brillamment mis en avant pour que notre Bruce Wayne encore jeune façonne ses repères en tant que justicier.
Le Thriller et le Film Noir sont de la partie, avec tous les codes qui leur sont chers. Femme fatale, gredins et bar à bandits, partenaire d’enquête, trahisons, révélations… c’est assez étrange qu’aucun autre film sur Batman n’ait joué la carte du film d’enquête auparavant car c’est bien là que la chauve-souris se sent chez elle. Ainsi, tous les gadgets ne sont plus des armes mais des moyens d’espionner, les personnages connus comme celui du Pingouin deviennent des suspects, la Bat-mobile se transforme en véhicule de support contre le crime, bref, tout s’imbrique.


Catwoman et Batman jouent un double jeu.

Un Conflit qui a du sens

Le film prend le parti de ne pas être une origine story, ce qui permet de se focaliser sur le plus important. Ce n’est pas de savoir pourquoi Batman existe qui prévaut, mais de comprendre comment il parvient à devenir LE Batman, celui qui tient sur ses principes, qui construit sa morale et qui teste ses limites. Qu’est ce qui différencie ce sombre Héros du reste des fous qu’il met en cage ? La proposition du film à ce sujet est concrète. Il s’agit du miroir créé entre lui et l’Homme Mystère incarné ici par Paul Dano, choix intensément intelligent dans le casting. Dano sait être fou, possède cette aura typique des antagonistes de Batman ou l’on ne sait pas s’il s’agit de rire de sa propre folie ou de la cruauté ironique d’une vie si ridiculement difficile. Confronté à cet ennemi, Bruce Wayne façonne son approche de Batman, décide de qui il peut être en tant que protecteur de Gotham.
Leur relation va au-delà du conflit. L’ Homme Mystère dit clairement s’être inspiré de Batman pour créer son propre personnage et agir au grand jour, enfin totalement lui-même sous ce masque qui révèle son véritable visage. C’est à travers ce qu’a osé faire Bruce que cet ennemi est né. Déstabilisant et contre-productif pour notre justicier local, qui comprend alors les conséquences de ses décisions. Il le dit lui même : « Our choices have consequences ».


L’Homme Mystère commet une série de meurtres.

Derrière le masque

Mais justement, de Bruce Wayne, qu’en est-il ? Et bien il est assez absent. Robert Pattinson campe d’avantage Batman que l’homme derrière le masque. Le personnage est morose, loin d’être le philanthrope excentrique habituel. Cette prise de position est beaucoup plus passionnante : le personnage se construit à travers ses épreuves et son caractère en est le reflet. À la fin du film, au bout de ses trois heures complexes, émerge de l’ombre un Bruce Wayne changé. Il était la Vengeance pendant longtemps mais à présent, il sait qu’il doit être plus que cela, pour notamment éviter de mal influencer les criminels qui l’imitent. Il doit devenir un symbole. Alors que l’on comprend qu’il s’agit peut être d’une nouvelle trilogie, le film se conclue sur un message fort. Ce n’est que le début de la quête. Tout prend sens dans cette adaptation fraîche et touche à tout du personnage, de son univers et de son discours. Elle ne tente en aucun cas de sur-moderniser son icône ni de planter un cadre si réaliste qu’il en perd de son identité.


Bruce Wayne fixe une menace à travers la foule.

Non, ici Batman est plus beau que jamais. Le film peut se perdre dans sa longueur et vous pourrez être amenés à vous demander « et alors ? » à son terme. Mais l’important réside dans sa fidélité au personnage et à toutes ses valeurs. Après coup, il s’agit peut-être du premier vrai film Batman.

Note

Note : 9 sur 10.

9/10

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