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Le Lac aux oies sauvages

Cavale nocturne dans une ville colorée.

Copyright Diao Yi'nan.

🎬 Réalisateur : Diao Yi’nan

🎬 Casting : Liao Fan; Hu Ge; Kwai Lun-mei

🎬 Genre : Drame,Thriller

🎬 Pays : Chine, France

🎬 Sortie : 6 Décembre 2019 (Chine) ; 25 Décembre 2019 (France)

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Synopsis : Un règlement de compte entre deux familles mafieuses rivales qui gèrent le trafic de motos d’une région mène le héros, Zhou Zenong, à abattre un policier par erreur. Il est dès lors recherché dans tout le secteur, et sa tête est mise à prix.

5 ans après son dernier très réussi long-métrage « Black Coal », Diao Yi’nan délaisse le froid et le patin à glaces et plonge dans l’univers nocturne et lugubre de la pègre chinoise. Le Lac aux oies sauvages a été injustement boudé à Cannes en 2019. Malgré tout il reste, globalement, encensé et Yi’nan confirme son statut de réalisateur incontournable dans le cinéma chinois contemporain. Du haut de ses 50 ans, Le lac aux oies sauvages est seulement son 4ème long-métrage en 15 ans de profession. Ayant été exclusivement scénariste jusqu’en 2003, les oeuvres de Yi’nan sont travaillées et précises dans les thèmes abordés. Un chef-d’oeuvre de 2019.

Dans une chine ou le communautarisme et l’entraide sont pronées, Yi’nan illustre ici la dure réalité d’un peuple en souffrance. L’individualisme et la cupidité règnent dans une nation qui se veut « communiste ». Zhou Zenong est le personnage principal interprété par Hu Ge. Le film démarre sur la rencontre entre Zenong et la baigneuse. Une rencontre déterminante. En effet il est en cavale lors de leur rencontre. Il va par la suite lui conter la façon dont il s’est mit dans cette fâcheuse situation. Le film démarre donc sur un flashback. L’oeuvre en est d’autant plus captivante. Zhou Zenong est un malfrat expérimenté tout juste sorti de prison. Il se rend à un comité de voleurs de motos. Yi’nan nous plonge immédiatement dans le monde qu’il va tout au long du film décrire. Le monde du vol, de la délinquance, des quartiers mal-famés, de la violence. Les scènes de violences sont nombreuses dans le film. Toutes sont maitrisées à la perfection. Celles-ci font preuve d’une telle précision que le spectateur s’imagine alors visionner un véritable balais. Une chorégraphie bien travaillée qui nous éblouit. Le lac aux oies sauvages se démarque notamment grâce à sa photographie. Les couleurs sont vives, la photographie est similaire à celle utilisée dans The Outsider. Dong Jingsong, le directeur de la photographie, fidèle à Diao Yi’nan depuis ses débuts, mérite d’être encensé. Il est probable que ce dernier s’est beaucoup inspiré de l’incontournable Zhang Yimou, grand nom du cinéma chinois des années 90/2000. Yimou utilisait des couleurs vives et très travaillées sur ses oeuvres. « Ju dou« , « Epouses et concubines » et « Hero » en sont de très bons exemples.

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Zhou Zenong (Hu Ge)

Evoqués précédemment, l’individualisme et la cupidité règnent. En effet la maudite somme de 300 000 yuans sera versé à celui où celle qui donnera des informations qui permettront la capture de Zhou Zenong. Ces compères malfrats n’hésiteront pas à mettre en place toutes sortes de stratagèmes dans le but de piéger Zenong afin de récupérer la récompense. Le communisme, sur le papier, prône l’entraide, la communauté et invite à penser aux autres plutôt qu’a soi. L’égoïsme et l’individualisme sont donc chassés de ce mode de pensée. Les personnages seront totalement différents et ignoreront totalement l’aspect d’entraide. Les « gros bonnets » du groupe de délinquants veulent leur part du butin, même si Zenong doit mourir. Un état d’esprit différent sur tous les points.

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Zhou Zenong (Hu Ge)

Désormais seul face à ses anciens collègues, et face à la puissance policière chinoise et militaire impressionnante mise en place par l’Etat Chinois que Yi’nan n’hésite pas à mettre en scène. D’autant plus que les gros plans sont récurrents. Rare sont les plans d’ensemble. La solitude des protagonistes est davantage accentuée. La baigneuse, qui en réalité est une prostituée du lac, est aussi seule que Zenong. Cette dernière n’est pourtant pas en cavale. « Les baigneuses » sont les noms des prostituées qui agissent dans l’eau, entièrement à l’abri des regards. Il est ainsi difficile de dénoncer ce genre de prostitution. Yi’nan n’hésite pas à dénoncer ce genre d’activitées. Le mac, sous le nom de « Huahua », est aussi détestable que les ex-collègues de Zenong.

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Note :

Note : 9.5 sur 10.

9,5/10

Un chef-d’oeuvre de 2019. Rares sont les reproches que l’on puisse faire au film de Yi’nan. Le récit est dynamique. Les séquences calmes sont parfaitement maitrisées par la mise en scène et par la qualité des dialogues. Les scènes d’actions elles, sont comme dit précédemment, comme une véritable chorégraphie. Difficile de ne pas penser au « Secret des poignards volant » de Yimou. Un film à voir, à revoir.


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