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Les Garçons de Fengkuei

Retour sur le premier film autobiographique de Hou Hsiao-Hsien.

Copyright Hou Hsiao-Hsien

🎬 Réalisateur : Hou Hsiao-Hsien

🎬 Casting : Doze Niu; Shih Chang

🎬 Genre : Drame

🎬 Pays : Taiwan

🎬 Sortie : 1983 (Taiwan) ; 3 Août 2016 (France)

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Synopsis : Ah-Ching et ses amis ont fini leurs études dans leur village de pêcheurs et passent maintenant leur temps à boire et à se battre. Trois d’entre eux décident d’aller à la ville portuaire de Kaohsiung pour rechercher un travail. Ils y font face aux dures réalités de la vie.

Réellement reconnu internationalement depuis « La cité des douleurs » en 1989, Hou Hsiao-Hsien n’a pas échappé aux radars occidentaux contrairement à son ami et collègue Edward Yang. Figure emblématique dans le renouveau du cinéma taïwanais des années 80, nombres de ses oeuvres sont devenus incontournables : « Three Times (2005) », « Millenium Mambo (2001) », « The Assassin (2015) ». Cependant, ses oeuvres réalisées dans les années 80, les plus personnelles et les plus novatrices, sont quant à elles restées inédites en France jusqu’en 2016. Elles sont, paradoxalement, les plus interessantes et seront déterminantes dans la carrière du cinéaste. Les thèmes, les récits et leurs mises en formes ont apporté un vent de fraicheur dans le cinéma asiatique. Contrairement à Edward Yang, Hou Hsiao-Hsien aura tendance à évoquer dans ses films la campagne taïwanaise et non la ville. Les garçons de Fengkuei s’inscrit dans cette tendance.

Le récit se structure en deux parties. En effet dans un premier temps Hou Hsiao-Hsien nous illustre le misérable quotidien de 4 garçons dans un village de pêcheur. Boire, jouer au billard, se battre, parier et faire de la moto sont les seules compétences qu’ils possèdent. Les journées se succèdent et les mêmes occupations se répètent. Dans un Taiwan en pleine modernisation ou les villes s’agrandissent ainsi que leurs populations, l’ennuie ne tarde pas à se manifester dans un village en pleine campagne. Rapidement, ils comprennent que leur place n’est pas au village. Il est impossible de visionner ces scènes sans penser aux « Vitelloni » de Fellini. La situation est identique excepté l’époque. Leur situation, à long terme, ne peut qu’être nuisible. Il s’agit du premier film autobiographique. Par conséquent le réalisateur met en scène sa vie. Il a été l’un des petits délinquants présent dans le film. Après une sévère altercation et une convocation au commissariat, 3 des 4 garçons décident de se remettre en question. Pousser vers la sortie par leurs parents, ils décident de partir avec pour objectif de trouver du travail dans une métropole voisine : Kaohsiung.

Copyright Hou Hsiao-Hsien.
Copyright Hou Hsiao-Hsien.

Dans un second temps Hou Hsiao-Hsien traite de l’insertion dans la modernisation par les provinciaux. Le spectateur découvre la métropole en même temps que les 3 protagonistes. Cependant le réalisateur ne tombe pas dans le cliché. Les jeunes hommes sont autonomes. Le rythme du film est lent, doux, la vie semble paisible. L’utilisation récurrente de plan similaire tout au long du film entraine une certaine familiarisation avec l’environnement chez le spectateur. On s’attache au lieux, aux présences. C’est inévitable. Les plans fixes, longs et précis nous invitent à se plonger dans les appartements. Un des 3 garçons tombe éperdument amoureux de la voisine, d’autant plus que sa nouvelle vie lui plait. Elle est moderne et charmante. C’est la campagne qui tombe amoureux de la ville, néanmoins cette dernière ne veut pas d’elle. L’insertion des provinciaux est moins aisée qu’elle n’y parait. Les petits boulots dans les usines ne suffisent pas.

Copyright Hou Hsiao-Hsien.
Copyright Hou Hsiao-Hsien.

Le changement d’environnement entraine certaines tensions au sein du trio. Les oeuvre d’HHH ont un aspect sociologique. Il étudie l’évolution d’un ou des individus dans la société et ce d’une manière très poétique et subtile.


Note :

Note : 8 sur 10.

8/10

Une oeuvre d’une beauté ravissante. Les couleurs, les cadres, les personnages qui prennent place à l’intérieur du récit sont charmants. Ce n’est pas le meilleur film d’HHH. Néanmoins c’est une oeuvre majeure dans sa filmographie comme il est dit précédemment. Elle a le mérite d’être classée dans les classiques du cinéma taïwanais des années 80. Une comédie dramatique d’un humour typiquement asiatique. Un film magnifique.


Bande-annonce :

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