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Light of My Life

Retour sur le dernier film de Casey Affleck. Une déception ?

Light of My Life - Casey Affleck

🎬 Réalisateur : Casey Affleck

🎬 Casting : Casey Affleck, Anna Pniowski, Elisabeth Moss, Tom Bower

🎬 Genre : Drame/Science-fiction post-apocalyptique

🎬 Sortie : 12 août 2020 (France)

Synopsis : Dans un futur proche où la population féminine a été éradiquée, un père tâche de protéger Rag, sa fille unique, miraculeusement épargnée. Dans ce monde brutal dominé par les instincts primaires, la survie passe par une stricte discipline, faite de fuite permanente et de subterfuges. Mais il le sait, son plus grand défi est ailleurs: alors que tout s’effondre, comment maintenir l’illusion d’un quotidien insouciant et préserver la complicité fusionnelle avec sa fille ?

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Un film si subversif que ça ?

En effet, en lisant le synopsis de ce film nous pouvons aisément, et légitimement, espérer voir une subversivité forte tant il semble être à contre-courant de la doxa qui régit aujourd’hui Hollywood mais, aussi et surtout l’industrie cinématographique mondiale.

Est-ce le cas ? Pas totalement.

Le postulat de départ, qui admet la disparition de la femme et donc la solitude de l’homme, n’est traité qu’en surface. La fille, Rag, jouée par Anna Pniowski, n’est jamais, ou presque, mise en danger. Peu de personnes questionnent les bobards de son père. Le seul homme qui découvre la vérité n’est pas vraiment concerné par cet événement exceptionnel. Tout le film reposait sur ça. Cette subversivité, qui aurait été agréable, fond au fil du film et offre au spectateur, dans la cire qu’il reste, un conformisme antithétique. De ce fait, les scènes allant dans le sens de la doxa majoritaire se multiplient, celles revenant sur des choses totalement hors de propos s’enchaînent. Casey Affleck perd, peu à peu, la main sur son métrage.

© Condor Distribution

En outre, l’absence de la mère, qui elle n’a pas survécu à cette extinction soudaine et peu légitimée, était aussi un élément pouvant amener cette subversivité promise. Cependant, les scènes d’Elisabeth Moss sont trop peu nombreuses pour que le manque se fasse ressentir complètement. Ne parlons pas du manque chez les personnages, il n’existe pas, ou plus.

Du Terrence Malick sous Xanax ?

L’aspect technique de ce métrage est à la fois ce qui pèche et ce qui donne un peu de cachet. Globalement, la forme est soignée. La photographie oscille entre plusieurs environnements dépeignant, de ce fait, une logique réalité d’un monde qui survit à la mort sans perdre son faste naturel. C’est dommage que le reste soit si mal filmé…

En effet, n’est pas Terrence Malick qui veut.

La réalisation est froide, ce qui est, dans ce contexte, un véritable bon point. Cependant, elle est trop simple et uniforme. La caméra du réalisateur bouge peu. Voire pas. Il enchaîne les plans fixes, larges pour la solitude, rapprochés pour la solennité, ce qui, quand on a compris sa machine cinématographique, amène une prévisibilité dérangeante. La caméra bouge ? Un danger approche. Quelle suffisance. Couplé aux jeux placides des acteurs, qui ne permettent pas d’amener une transcendance rythmique suffisante pour faire décoller le tout, le film devient de plus en plus pénible pour un spectateur peu sollicité.

Une pâle copie ?

En lisant le synopsis, un cinéphile reconnaîtra des films existants, des récents succès, des prouesses techniques. En le voyant, il reverra un film qu’il connaît déjà. Toutes les histoires ont été écrites et filmées, oui. Le cinéma, n’est plus qu’une question de point de vue, oui.

Que faire quand un métrage tente de reprendre les codes et la sensibilité, donc le point du vue, de films existant déjà ? Avec, Light of My Life, Casey Affleck tente de s’approprier le génie des autres pour soigner ses carences. En effet, en reprenant l’errance d’un père et de son enfant, il copie vilement La Route (John Hillcoat / 2009) en oubliant toute la puissance du matériau de base. Avec l’idée de l’espoir d’un monde sanctuarisé dans un être fragile, il copie Le Fils de l’Homme (Alfonso Cuarón / 2006) en oubliant toute la qualité technique du film de base. En vérité, ce film n’est qu’un mix malade de chefs-d’oeuvre dévoyés par un réalisateur aussi peu créatif que talentueux. Ce manque de créativité se voit aussi dans les choix artistiques concernant les affiches. C’est assez consternant. Casey Affleck n’est ni Alfonso Cuarón, ni Viggo Mortensen, ça se voit.


Note

Note : 3 sur 10.

3/10

Light of my Life est un film prémonitoire qui ne laisse place à aucun espoir. Il dépeint le quotidien crade d’un homme et de sa fille, grimée en garçon, qui tentent de survivre dans un monde où la loi du plus fort règne et dans laquelle la femme n’est plus… Ou presque. Le postulat de départ est alléchant, c’est vrai, mais la finalité est assez consternante.

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