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Platoon

Plongée dans la folie et l’horreur du Vietnam dans Platoon d’Oliver Stone.

🎬 Réalisateur : Oliver Stone (JFK, The Doors, Tueurs-Nés, Snowden)

🎬 Casting : Willem Dafoe( Mississipi Burning, Spider Man, American Psycho) , Tom Berenger (Randonnée pour un tueur, Traquée, Inception) Charlie Sheen (Wall Street, Hot Shots!, Mon Oncle Charlie)

🎬 Genre : Guerre

🎬 Pays : États-Unis

🎬 Sortie : 1986

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Synopsis : 1967 : Chris Taylor, engagé volontaire de dix-neuf ans, rejoint le 25ème régiment d’infanterie, près de la frontière cambodgienne. Issu d’une famille bourgeoise et plein d’idéal, il entend bien servir son pays. Mais la réalité est tout autre et ses illusions vont tomber les unes après les autres. Il sera également témoin de la rivalité sanglante qui oppose deux officiers qu’il admire.

Cet article fait suite à l’évènement organisé par le Cinéma Mégarama Beaux-Arts à Besançon le 9 octobre 2020. Cet évènement fut l’occasion d’une diffusion inédite du film Platoon, en compagnie de son réalisateur multi-oscarisé Oliver Stone.

Les décennies 70 et 80 est ce que l’on peut appeler l’âge d’or des films traitant du conflit vietnamien. Les chefs-d’œuvre connus de tous tels Apocalypse Now ou Voyage au Bout de l’Enfer ne sont plus à présenter bien entendu, mais en 1987 un film se voulant plus réaliste fait grand bruit. Il s’agit de Platoon. Son réalisme est le fruit de 18 mois en tant que soldat d’Oliver Stone. Comme il le dit si bien, on ressort pas de cette guerre complètement humain, on en ressort en tant qu’animal qui se rend compte qu’on lui a menti sur le bien-fondé de ce conflit. Et c’est pour cela qu’il se réalise Platoon, pour dénoncer et se reconstruire lui-même.

L’enfer vert

Platoon tente de nous montrer la guerre du Vietnam à échelle humaine, l’histoire est donc narré par le personnage de Chris Taylor joué par Charlie Sheen. Cet homme, fraichement débarqué sur le front. Un personnage encore innocent mais qui très vite comprendra qu’il se trouve dans ce qui se rapproche le plus de l’Enfer. Outre les combats qui sont le point d’orgue d’un film de guerre, Platoon se distingue par le réalisme de son environnement et la représentation du quotidien d’un soldat. Ainsi Oliver Stone filme en abondance la jungle profonde, l’eau boueuse ou encore les insectes omniprésents. Ces insectes dégoutants sont peut-être le principal ennemi à surmonter, des gros plans sur ceux-ci appuie bien sur ce point. En fin de compte les vietcongs ne sont pas l’unique l’ennemi.

Si l’ennemi est la jungle hostile, il faut se méfier de soi-même et de ses alliés. Au combat chacun a son idéologie, extrême ou plus plus juste. Ceci est personnifié par les deux personnages que sont le sergent Elias Grodin et le sergent-chef Bob Barnes. L’un se fiche des convention, aliéné par la guerre et la violence, quand l’autre s’accroche à une certaine réalité et tente de préserver le peu d’humanité restant ici. Le conflit naissant entre les deux hommes a des répercussions sur les soldats qui sont sous leurs ordres. Le personnage de Charlie Sheen subit tout cela, tiraillé entre les deux camps. Tout cela débouchera sur une ultime trahison, symbolisant la perte de raison que la guerre provoque.

Tom Berenger et Willem Dafoe : deux officiers, deux visions de la guerre

Penchons-nous sur les combats, il ne s’agit pas de l’aspect le plus réussi du film, mais ils ne constituent pas l’essentiel du film. Les diverses escarmouches ou embuscades se déroulent de nuit, ce qui a pour conséquences de nuire à la visibilité et à la lisibilté de l’action. On peut le remarquer également dans Né un 4 Juillet, Oliver Stone a du mal à filmer des combats. Mais ici dans Platoon, la raison peut être expliquée, cela est-il dû à un soucis de réalisme et donc pour illustrer le chao, ou bien juste un savoir-faire limité du réalisateur ? La question reste en suspend.

Ce qui marque le spectateur dans ce film est également le casting que celui-ci propose. Que ce soit dans les rôles secondaires (Forest Whitaker, Johnny Depp) ou les rôles principaux (Willem Dafoe, Tom Berenger), tous sont très convaincants. Le seul bémol revient à Charlie Sheen, qui semble parfois absent et sans émotions, ce qui est assez décevant car il est sensé être le personnage principal et la figure du soldat américain envoyé au Vietnam.

Chris Taylor (Charlie Sheen)

Platoon est un film qui peut parfois paraitre sobre dans sa construction et sa narration comparé à un Apocalypse Now, mais qui dépeint parfaitement la guerre et le destin des soldats qui l’a font. Un film marquant qui nous plonge dans l’enfer, un enfer d’où des hommes tente de s’extirper par la camaraderie et le surpassement de soi. Les mots sur lesquels se fini le film sont lourds de sens : Je suis sûr maintenant quand j’y repense, que nous ne nous sommes pas battus contre l’ennemi. Nous nous sommes battus contre nous mêmes. L’ennemi était en nous.


Note

Note : 9 sur 10.

9/10

Oliver Stone parvient à retranscrire parfaitement la guerre du Vietnam et offre une vision très personnelle du conflit.


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