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Revenons sur la belle surprise comique française du début 2020, Play, où Anthony Marciano et Max Boublil nous propose en voyage dans la nostalgie…

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Affiche de Play

🎬 Réalisateur : Anthony Marciano (Les Gamins, Robin des bois la véritable histoire)
🎬 Casting : Max Boublil (Les Gamins, Ma reum), Alice Isaaz (Elle, Le Mystère Henri Pick)…
🎬 Genre : comédie
🎬 Pays : France
🎬 Sortie : 1er janvier 2020 (France)

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Synopsis : En 1993, Max, âgé de 13 ans, reçoit un cadeau de ses parents qui ne va plus le quitter : un caméscope. Dès lors, il va filmer toutes ses aventures mais également les coups durs. 20 ans plus tard, Max va monter le « film de sa vie » et ainsi revoir tous les grands moments de son existence.

Sept ans après Les Gamins, qui reçut un accueil plutôt positif, et cinq années après un Robin des Bois qui lui avait attiré les foudres, Anthony Marciano revient début 2020 avec Play, son troisième film, en emmenant son Max Boublil fétiche dans une comédie found footage à la bande-annonce savoureuse. Alors, le jeu en valait la chandelle ? Tentative de réponse en quelques points.

Comment réussir à se rendre original dans un registre aussi cadenassé que le found footage ? Popularisé en 1999 par Le Projet Blair Witch, le found footage est devenu un must du cinéma d’horreur des années 2000, devenant très vite has been aux yeux de certains, par son utilisation à outrance. Oui, mais voilà, Anthony Marciano part sur des bases nouvelles : car si le found footage horrifique portait sur des mécanismes précis, ces derniers semblent caduques dans la comédie et impose donc à Marciano de se ré-approprier le genre. C’est là la maestria première du film ; en intégrant cette caméra comme une pièce centrale de son récit, le cinéaste s’approprie le registre tout en s’offrant le luxe de pouvoir le manier à sa guise. Comme Blair Witch, le found footage est autant prétexte que raison : c’est autour du principe même que le film va ici être construit, l’intégrant pour son concept et non pour ses conventions. Un concept que Marciano va réussir à faire tenir durant les 108 minutes comme un équilibriste. Un équilibriste qui aura su adapter son écriture, aussi bien au scénario qu’à la mise en scène, afin d’offrir un ensemble cohérent à ses acteurs et à son propos.

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Car oui, l’idée de cette caméra à la première personne n’est pas qu’un banal effet de style. L’effet est ici là pour servir le propos, et la nostalgie de cette génération, tantôt hilarante et tantôt déchirante, est appuyée par le style pour ce magnifique portrait de vie. En s’effaçant au profit de son récit, Marciano, qui pourra se faire catégoriser à tort comme un « simpliste », nous offre une oeuvre dictée par le coeur et non par la tête. Non sans défauts, c’est cette nostalgie qui nous guide tout le long du film : au travers de la caméra de Max, c’est une vie que nous avons l’impression de revivre par un transfert émotionnel, une vie où les déceptions brisent le coeur et les joies font pleurer. Loin d’adopter un parti pris philosophique de questionnement sur la vie, Marciano propose de nous embarquer dans un voyage où nous sommes nous-mêmes acteurs, et où notre réflexion émane de notre expérience personnelle. En cela, l’identification y est inévitable, car peu importe notre âge, le film nous met face à des situations qui traverse les époques. Ainsi, d’un postulat personnel et générationnel, le réalisateur nous offre un film universel, et cela en partie car, dans un effet dont seul le cinéma connaît la science, son ancrage nostalgique ne prend jamais le pas sur l’émotion pure.

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Comment transmettre, justement, cette émotion pure ? La réponse est, plus qu’à l’accoutumée, à chercher ici du côté des acteurs. Car si, oui, le registre dans lequel s’ancre le film impose au casting une symbiose parfaite, faire traverser les époques aux personnages est une autre paire de manches. 9 mois de casting auront permis d’offrir à Max, Emma, Mathias et Arnaud trois visages chacun au diapason, sous l’égide d’un excellent metteur en scène. C’est là peut-être le secret de la réussite de ce film ; dans l’exercice périlleux qu’il peut représenter par un acteur, tous trouvent l’équilibre qui insuffle le réel au film. En dépassant l’idée d’un jeu où la mise en scène est un personnage à elle seule (ou tout du moins vise à l’être), Play laisse aux acteurs le loisir de porter le film à eux-seuls, et ces derniers rendent bien à Anthony Marciano la confiance qu’il place en eux. Ici, les acteurs ne jouent pas ; ils vivent leurs souvenirs, et nous avec eux, pour notre plus grand plaisir cinématographique.

Certes, Play reste imparfait, et n’est pas exempt de quelques longueurs ; mais Anthony Marciano nous offre, sept ans après Les Gamins, un nouveau bol d’air dans la comédie française. Parce que Play fait partie de ces films qui prenne des risques, qui tentent des choses et qui ne prennent pas les spectateurs pour des débiles. Rien que pour cela, on se dit que les 250.000 entrées que son passage en salles a enregistré sont dérisoires, et que le film mérite, à défaut de révolutionner l’art, d’être visionné par le plus grand nombre.


Note

Note : 9 sur 10.

9/10

Comédie rafraîchissante, Play est un formidable moment de nostalgie, prenant au coeur et porté par un casting magnifique. De quoi confirmer Anthony Marciano comme un des meilleurs de sa génération…


Bande-annonce :

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