Catégories
Retour vers la séance

Seules les bêtes

Notre avis sur Seules les Bêtes, nouveau film de Dominik Moll.

🎬 Réalisateur : Dominik Moll

🎬 Casting : Denis Ménochet, Laure Calamy, Damien Bonnard…

🎬 Genre : Thriller, drame

🎬 Sortie : 4 décembre

Synopsis : Une femme disparaît. Le lendemain d’une tempête de neige, sa voiture est retrouvée sur une route qui monte vers le plateau où subsistent quelques fermes isolées. Alors que les gendarmes n’ont aucune piste, cinq personnes se savent liées à cette disparition. Chacune a son secret, mais personne ne se doute que cette histoire a commencé́ loin de cette montagne balayée par les vents d’hiver, sur un autre continent où le soleil brûle, et où la pauvreté́ n’empêche pas le désir de dicter sa loi.

Réalisateur qui se fait rare avec un film en moyenne tout les 5 ans, Dominik Moll revient en cette fin d’année avec Seules les bêtes. Habitué des thrillers, genre qui lui avait valu 4 césars en 2000 avec le film Harry, un ami qui vous veut du bien, le réalisateur s’attaque cette fois-ci à une adaptation du livre éponyme de Colin Niel paru en 2017. Le réalisateur de 57 ans s’est encore une fois entouré d’un casting 4 étoiles, notamment Damien Bonnard, déjà vu cette année dans Les Misérables, Laure Calamy, actrice de la série Dix pour cent mais aussi et surtout de Denis Ménochet, acteur de Jusqu’à la garde.

Joseph Bonnefille interprété par Damien Bonnard
© Haut et Court

A la fin de la séance, une chose est claire, Dominik Moll et son fidèle ami Xavier Legrand ont effectué un merveilleux travail d’adaptation. En plus d’être une adaptation réussie, Seules les bêtes est très ludique. Le spectateur jouit d’un malin plaisir à recoller les morceaux dans ce thriller découpé en 4 parties. Dans chacune de ces parties, nous suivons le point de vue d’un nouveau personnage. Cette découpe du scénario est quelque chose qui ne se fait pas tant que ça, et permet au spectateur d’être actif tout du long. Ce spectateur va suivre alors quelques journées de quatre personnages campés par de super acteurs. Un ventre mou peut être ressenti lors de la troisième partie avec le point de vue de Marion, campée par une actrice au jeu d’acteur moins transcendant que les trois autres.

Pour ce qui est de la réalisation, on sent que Dominik Moll connaît bien les Causses, et a fait de supers repérages dans cette zone. Ces lieux très cinématographiques et ce blanc immaculé causé par la neige incessante offre une réelle ambiance au film. Quelques plans restent en tête et on sent que le réalisateur maîtrise son sujet quand il s’agit du thriller. Pour ce qui est d’Abidjan, le réalisateur semble être beaucoup moins inspiré. Alors que les idées de mise en scène se succèdent dans les Causses, la Côte d’Ivoire est filmée de façon assez classique. Autre charme du long-métrage, l’humour. Assez inattendu au vu de la première partie glaciale du film, les petites touches d’humour lors du dernier acte peuvent en refroidir certains comme offrir un cachet au film pour d’autres. On découvre alors un Denis Ménochet dans un tout autre registre nous offrant de supers scènes face à son ordinateur. L’autre acteur, Guy Roger N’drin (pour son tout premier film) vole aussi la vedette aux autres tant son jeu semble naturel et l’originalité de son rôle est marquante.

Armand dans un cybercafé à Abidjan,
© Haut et Court

A l’image du climat des Causses, le long-métrage est très froid. Les dialogues très peu élaborés vont sûrement en refroidir certains. Car oui, le film de Dominik Moll n’est pas bavard du tout. Et cela particulièrement dans sa première et deuxième partie (Alice Farange /Joseph Bonnefille). Ce manque cruel de dialogues est clairement un choix des deux scénaristes qui ont dû adapter la plupart des dialogues des personnages qui sont intérieurs, ce qui n’est pas tâche facile au cinéma. Au final, Seules les bêtes est une œuvre qui aborde de façon très froide le manque d’affection et la solitude. Tous les personnages dans ce récit ressentent un manque que ce soit familial, amoureux ou même financier. Le film nous présente alors des personnages qui ne parlent plus à leurs proches et vont chercher leur bonheur, leur échappatoire autre part.

Note

⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐⭐

7,5/10

Dominik Moll revient fort avec ce nouveau long-métrage et signe très sûrement son meilleur film depuis Harry, un ami qui vous veut du bien ! Thriller maîtrisé au décor glacial comme son ambiance, il ne serait pas étonnant de le voir concourir pour certains Césars lors de la prochaine cérémonie.

1 réponse sur « Seules les bêtes »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *