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The outsider

Récit d’un homme en quête d’identité.

Réalisateur : Martin Zandvliet

Casting : Jared Leto, Shiori Kutsuna

Genre : Thriller

Pays : Etats-Unis, Japon

Sortie : 9 Mars 2018 (Netflix)

Synopsis : Après avoir vécu dans un camp de prisonniers au Japon durant la Seconde Guerre Mondiale, un américain décide de rester au pays du Soleil Levant. Il y apprend divers rituels et traverse différentes épreuves avant de devenir l’un des rares étrangers à être intégré chez les Yakuzas.

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Les années 50, le Japon, les yakuzas. The Outsider avait toutes les cartes en mains pour s’inscrire dans la liste des thrillers phare de cette décennie. Malheureusement ce long-métrage prometteur s’avère être une déception. Le projet voit le jour en 2012 et est censé être produit par la Warner. Cependant en 2013 le réalisateur Daniel Espinosa et l’acteur pressenti dans le rôle de « Nick » se désistent et sont remplacés par Tom Hardy et Takashi Miike. Ces derniers se désistent également. La Warner décide alors de vendre les droits à Netflix. The Outsider est un projet malmené du début à la fin qui, malheureusement, manque de conviction et que tout destinait à être un échec. Néanmoins, certains éléments positifs sont à retenir.

The Outsider possède un contexte historique très interessant. Un américain dans le Japon d’après-guerre. L’histoire se déroule en 1954 à Osaka, soit 3 ans après la ratification du traité de San Francisco, par lequel le pays du soleil levant avait été placé sous la tutelle des Etats-Unis. Désormais autonome, le pays voit naitre de nombreux clans, que l’on nomme « les yakuzas ». Jared Leto incarne Nick, le soldat américain qui va être invité à se joindre à eux. Sans nous donner de quelconques informations sur son passé, Martin Zandvliet, reconnu mondialement depuis « Les Oubliés », met en scène un homme essayant de se familiariser avec la culture japonaise. L’aspect formel est classique, commun aux autres productions netflix, ce qui est décevant pour un film doté d’un sujet si original. En effet le spectateur suit l’évolution de Nick, sans qu’il y ait de réel rebondissement. La mise en scène est trop académique et n’apporte rien de novateur. Les champs-contre champs excessifs à chaque dialogue donnent l’illusion que le récit tourne en rond. Les gros plans, constamment utilisés, emprisonnent le spectateur ce qui engendre une réelle frustration. L’impossibilité de voir entièrement les lieux dans lesquels le protagoniste prend place entraine l’impossibilité de s’immiscer pleinement dans le Japon des années 50, et ce durant 120 minutes.

Copyright Netflix.
Miyu. (Shiori Kutsuna)

Le seul point positif dans la forme est le rythme. Ce dernier, long fleuve tranquille aurait pu s’avérer très poétique s’il avait été correctement marié aux plans utilisés et aurait pu apporter une certaine fraicheur dans le catalogue Netflix. Néanmoins comme il est dit précédemment, la mise en scène est bâclée et n’est digne d’aucune éloge. Seule la photographie se montre très appréciable et, heureusement, empêche l’ennui de se manifester. Le travail sur la lumière est exemplaire.

Copyright Netflix.
Nick. (Jared Leto)

Les personnages qui prennent place dans le récit s’avèrent pourtant être très intéressants. Nick saisit l’opportunité de se faire une place dans un Japon débordant de rancoeur envers les américains. Presque seul, il est confronté aux autres membres du clan. Victime des appréhensions, il va devoir prouver sa loyauté. Lui qui pensait savoir qui il était, il va devoir continuer ses recherches. Où est sa place ? La culture Japonaise va t-elle lui devenir familière ? Quel est le sens de cette vie pour laquelle il éprouve une indifférence totale (son visage reste inexpressif, fermé) ?

Comme dans toute production Netflix, l’histoire d’amour était bien évidemment inévitable. Nick entretient une relation amoureuse avec Miyu la soeur de Kiyoshi, l’homme qui lui a permit de rejoindre le clan et probablement son seul « ami » dans une ville ou le crime organisé règne. La confiance, la loyauté et les attaches ne sont pas dans le vocabulaire de ces petits malfrats. La trahison va de pair avec la survie. Prit dans ses contradictions, Nick va devoir faire des choix cruciaux.

Copyright Netflix.
Nick.

Un élément mérite d’être encensé : l’utilisation du montage parallèle lors d’une scène ou Jared Leto se fait tatouer entièrement le dos. Selon la tradition cela représente une vie de souffrance. Le montage alterne les activités du clan, et le tatouage. Symbole fort d’un choix de vie dans lequel finalement il s’investit pleinement, n’ayant qu’une seule issue.

Le manque de conviction évoqué est dû a un scénario plat, qui survole les éléments à souligner de l’époque. Le contexte économique et social aurait du être traité d’une manière plus pertinente. Le jeu d’acteur de Jared Leto est parfois approximatif. Le personnage qu’il incarne manque de détermination, d’envie. L’indifférence est transmise au spectateur. Quant aux acteurs japonais, ils sont irréprochables.

NOTE :

5/10

The Outsider n’est pas une catastrophe. La déception est à la hauteur de l’espoir qu’il avait suscité. Cette oeuvre manque de profondeur et se contente de survoler les éléments primordiaux de l’époque. Ce film avait le potentiel pour apporter quelque chose de novateur chez Netflix. C’est un échec. Cependant il reste une agréable expérience ou, heureusement, l’ennui ne se manifeste pas grâce à une photographie très bien maitrisée. Un assez bon thriller.

Bande-annonce :

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