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Retour vers la séance

The Room

Retour sur l’un des films de la sélection 2020 du Festival de Gerarmer, The Room avec Olga Kurylenko.

🎬 Réalisateur : Christian Volckman

🎬 Casting : Olga Kurylenko (Quantum of Solace, Dans la brume), Kevin Janssens (Les Ardennes, Tueurs)

🎬 Genre : Thriller, Fantastique

🎬 Sortie : 25 Mars 2020

Synopsis : Kate et Matt quittent la ville pour s’installer à la campagne dans une grande maison isolée et délabrée. Peu après leur déménagement, ils découvrent une chambre qui a le pouvoir d’exaucer tous leurs désirs…

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14 ans qu’on n’avait pas vu Christian Volckman, le réalisateur français, réaliser un film. Ayant commencé dans le film d’animation, son premier court-métrage Maaz rencontre un franc succès et rafle énormément de prix en festival. Les temps s’écoule (7 ans) et Volckman finit en 2006 par sortir son premier long-métrage d’animation nommé Renaissance. C’est encore un succès et le réalisateur ressort de cette expérience avec le Cristal du long-métrage d’Annecy. Et puis… plus rien, ou quasiment. Quelques clips réalisés à gauche à droite pour des artistes comme Zaz ou Pep’s, mais aucun long-métrage en vue. Il a fallu attendre 14 ans pour voir un nouveau film du réalisateur, et ce film, c’est The Room. Avec Olga Kurylenko et Kevin Janssens, Volckman choisit des acteurs avec une certaine renommée à l’étranger et une carrière déjà bien fournie. C’est un pari gagnant, car le film s’exporte très bien à l’étranger. Autre pari du réalisateur, laisser l’animation pour le film fantastique doublé d’un thriller. Son étiquette de film de genre a permis d’être présenté à Gérardmer, mais est reparti bredouille. Alors, The Room, qu’est-ce que ça donne ?

Le film tombe malheureusement très vite dans certains poncifs du cinéma d’horreur, d’épouvante. À commencer par la maison délabrée et coupée du monde extérieur que les deux personnages vont devoir retaper afin de pouvoir vivre dedans. Un autre poncif très répandu, c’est le « ça va aller » de l’homme à sa femme quand elle voit l’état de la maison. Il est donc dur de partir sur de bonnes bases si dans ces 10 premières minutes, le long-métrage tombe dans tous les travers du genre qu’il exploite. Quelque chose d’autre est frappant, c’est la direction d’artiste assez étrange, où une Olga Kurylenko semble sous-jouer une scène puis en surjouer une autre. Par exemple, les personnages ne semblent pas étonnés de trouver une salle qui fait apparaître tout ce qu’ils désirent. Je n’irai pas jusque dire que cela semble normal pour eux, mais ils n’hésitent vraiment pas du tout à utiliser ces pouvoirs. Autre point négatif, les incohérences. Il est dur d’en parler sans spoiler, mais une grosse incohérence survient lorsque le personnage de Kevin Janssens sort de chez lui afin d’aller voir quelqu’un et qu’il perd son argent alors qu’il ne perd pas ses habits (très compliqué de l’expliquer sans spoiler, les gens qui auront vu le film comprendront). À partir de là, les plus pointilleux au niveau des incohérences sortiront du film.

Olga Kurylenko dans The Room, ©Les Films du Poisson

Dommage, car Christian Volckman sans offrir une réalisation révolutionnaire ou impressionnante, parvient à créer un mystère autour de cette chambre magique. Avec de légers zooms, une musique totalement dans le thème et quelques jeux de lumières, le réalisateur arrive très vite à nous fasciner avec cette chambre. Il est clair que le film est « fauché », et que le réalisateur ne semblait pas avoir une grosse enveloppe pour faire le film, mais sa réalisation et le choix de créer un quasi huis-clos permet de cacher la misère budgétaire. Quelques non-dits par les personnages sont intéressants, nous permettent de nous immerger dans le film et de comprendre un peu le passé des personnages, et surtout de comprendre le choix important du personnage de Olga Kurylenko.

The Room se veut à moitié de genre et à moitié d’auteur. Il aborde notamment de manière très évidente le complexe d’Œdipe, tant dès le début on sent une tension entre l’enfant et le père. Volckman fait un choix astucieux de filmer le regard que fait l’enfant à son père de la même façon dans les trois phases de l’enfance. L’exploitation des trois phases de l’enfance y est astucieuse mais découpée de manière trop inégale et la 2ème phase semble beaucoup trop longue. Cette deuxième phase est clairement la cause du ventre mou qu’on ressent en milieu de métrage.

Kate (Olga Kurylenko) et Matt (Kevin Janssens) après leurs premiers vœux, ©Les films du poisson

Quant à la dernière partie du film, je suis encore mitigé. Cette dernière partie vient redynamiser un film qui s’essoufflait clairement depuis vingt minutes avec un dénouement assez excitant. Une scène de poursuite est d’ailleurs la meilleure scène du film. La scène est tendue et c’est la seule où j’ai réellement ressenti de la tension et du stress pour les personnages. Cette scène, et même cette dernière partie peut même en faire rire certains tant quelques petites choses à gauche et à droite sont grotesques. Ce dénouement et la façon de montrer vraiment tout peut faire penser à certains films tirés des écrits de Stephen King (mais plutôt les mauvais).

Note

Note : 5 sur 10.

5/10

Reparti bredouille de Gérarmer, The Room n’est pas à la hauteur des attentes. Quelques longueurs, quelques poncifs freinent un film avec une réalisation acceptable et un propos de fond intéressant.

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