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Voir le jour

Nouveau film de Marion Laine, Voir le jour nous plonge dans une maternité de Marseille. Critique d’un superbe long-métrage.

© Pyramide

🎬 Réalisatrice : Marion Laine (A cœur ouvert)

🎬 Casting : Sandrine Bonnaire (Sans toit ni loi, La Cérémonie), Brigitte Roüan, Aure Atika (OSS 117, Le Caire nid d’espions)

🎬 Genre : Comédie dramatique

🎬 Sortie : 12 Août 2020 (France)

Synopsis : Jeanne travaille comme auxiliaire dans une maternité de Marseille. Nuit et jour, Jeanne et ses collègues se battent pour défendre les mères et leurs bébés face au manque d’effectif et à la pression permanente de leur direction. Jeanne vit avec Zoé, sa fille de 18 ans, qu’elle élève seule. Lorsqu’un drame survient à la maternité et que Zoé part étudier à Paris, le passé secret de Jeanne resurgit soudain et la pousse à affirmer ses choix de vie.

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Sorti sur nos écrans le 12 août dernier, Voir le jour est le nouveau film de la réalisatrice Marion Laine. L’intrigue se concentre autour de Jeanne, auxiliaire dans une maternité de Marseille. Cette dernière tente de concilier son travail et sa relation avec sa fille alors que son passé enfouit resurgit soudain.

Disons le, Voir le jour est un film absolument sublime, fourmillant d’idées brillantes et abordant nombre de sujets plus qu’intéressants avec une grande maîtrise.

La réussite du film doit en grande partie à ses interprètes, Sandrine Bonnaire en tête. Le casting, très majoritairement féminin, porte le film avec brio. Bonnaire livre une superbe performance, pleine de grâce et de mélancolie. Le reste de la distribution est tout aussi admirable. Brigitte Roüan et Aure Atika nous offrent des portraits de femmes somptueux et divers. Laine nous présente tour à tour une syndicaliste convaincue, une idéaliste luttant contre l’automatisation de la profession, une jeune stagiaire pleine de bonne volonté ou une inconditionnelle de Marc Lavoine haute en couleurs.

Ces multiples personnages et leurs différences donnent à Voir le jour une humanité splendide, des femmes qui parviennent à rester unies face à l’adversité de leur profession et se soutiennent dans les différentes épreuves traversées par chacune. Marion Laine démontre une grande empathie pour ses protagonistes, tantôt invulnérables et tantôt dépassées, sans apporter de jugement moral quand aux moyens de chacune d’affronter ces moments difficiles.

Les soignantes en grève face à leurs conditions de travail
© Pyramide

Marion Laine choisit de mettre l’accent sur les conditions de travail du personnel de la maternité. Enchaînant les heures de travail, les employées sont épuisées, obligées d’offrir un rendement maximal. Plusieurs personnages s’en plaignent en déclarant que la maternité préférerait employer des robots. Face à une direction manquant d’humanité et appelant au résultat avant de se préoccuper des patientes, les soignantes doivent faire au mieux pour éviter les erreurs. Cependant lorsqu’un drame se produit la situation se tend.

La réalisatrice fait le choix d’utiliser de nombreux flash-backs pour construire son récit et pour amener le personnage de Jeanne à une forme de rédemption. Cette dernière reste torturée par son passé, ces bouleversements sont magnifiquement mis en scène à travers de plusieurs séquences pleines d’onirisme. Bien que détachant le film de sa volonté de réalisme cru, ces séquences renforcent l’attachement émotionnel au personnage de Jeanne qui navigue sur un océan de doutes sur ses choix de vie. Sa relation avec sa fille (superbement interprétée par Lucie Fagedet) est également une des belles forces du film. L’attachement aux deux personnages est immédiat.

Une superbe interprétation de la part de Sandrine Bonnaire.
© Pyramide

Voir le jour est un film poignant. Sans jamais tomber dans le larmoyant, le long-métrage nous transporte à travers plusieurs scène déchirantes. Notamment celle où Aure Atika s’adresse à une femme dans le coma après avoir accouché. Le personnage de Sylvie, se sentant responsable de la perte de l’enfant, lui partage son expérience similaire. Mais le film sait également être émouvant dans ses moments de grande beauté. La complicité de Jeanne et de la jeune Jennifer (rôle pour lequel Kenza Fortas livre une très belle prestation) apporte au film de nombreux moment de douceur. La jeune fille découvre en même temps que le spectateur ce milieu hospitalier, ses difficultés et son humanité. Sa naïveté, sa volonté et son innocence parviennent à adoucir la dureté de certains moments, à l’images des bébés qu’elle parvient à calmer.

Aure Atika (à gauche) et Kenza Fortas (à droite).
© Pyramide

Malgré toutes ces qualités, il est possible de trouver quelques défauts au film. On peut notamment lui reprocher le traitement des relations personnelles de Jeanne et de son passé, qui, bien que plutôt juste, manque de cohérence avec le sujet global, éloignant l’intrigue de l’hôpital.

Note

Note : 8 sur 10.

8/10

Pas exempt de tous reproches, Voir le jour s’avère malgré tout être un superbe film. Marion Laine réussit à nous émouvoir et à nous faire rire tout en dénonçant les conditions de travail du milieu hospitalier. La réalisatrice sublime ses personnages à travers une mise en scène magnifique. A découvrir sans réserves !

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